Texte libre

la poésie à l’état pure :
Hozo
Extrait du Kledzé Hatal ou "Nuit des Chants" des indiens Navajos:
sur la piste marquée de pollen fasse que je marche
avec des sauterelles à mes pieds  fasse que je marche
avec la rosée à mes pieds fasse que je marche
avec la beauté fasse que je marche

la beauté devant moi fasse que je marche
la beauté derrière moi fasse que je marche
la beauté au-dessous de moi fasse que je marche
la beauté au-dessus de moi  fasse que je marche
la beauté tout autour de moi fasse que je marche

dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté avec un sentiment de vie fasse que je marche
dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté à nouveau vivant fasse que je marche
accompli dans la beauté
accompli dans la beauté
Mardi 13 mai 2008

Ainsi donc, je suis avide… probablement pas plus que la moyenne, mais tout bien considérer, je le suis aussi.

Et c’est normal, j’ai emmagasiné un tel tas de frustrations, désirs inassouvis, d’envies, de rêves que je ne peux qu’être avide. Mais ça n’est pas que des frustrations : ce qui a trop bien fonctionné me rend avide de revivre ces expériences…

Toujours à penser que je pourrais être mieux, plus grand, plus fort, plus séduisant. Toujours à imaginer que le passé était mieux, que le futur sera porteur d’espoir, que je tue par cette attitude même, à chaque instant, le présent et ses potentialités.

Mais, mes chers amis, pas plus, ni moins que vous. Nous sommes des êtres humains, et cette avidité même est notre marque de fabrique. Certains disent que non, qu’il y a moyen de s’en débarrasser, mais pas par la volonté, car se serait encore faire montre d’un « avide désir » de changer.

Les gros malins, c’est facile…

Les plus avides d’entre nous, sont ceux qui nous dirigent, politiques, financiers, hommes de toutes églises. Rongés qu’ils sont par leur avidité de pouvoir, de vertus. Oh, bien sûr, ils sont là pour la bonne cause, se mettre au service de leurs concitoyens, nous représenter…

Balivernes, ils sont là parce qu’ils ont un méga-problème d’ego à régler. Paradoxal, non ? Que les maîtres des choix de nos vies soient les plus avides ?

Non, pas vraiment, en tout cas, ça explique bien des choses.

Alors, je vous en prie : cessez de juger ou de vous raconter des histoires. Nous voulons tous plus, les riches nous font envies, la femme du voisin nous fait envie, être aussi beau ou belle que tel et tel star ou starlette nous fait envie. Et nous rend tellement malheureux. Avide d’être riche quand on est pauvre, avide d’être encore plus riche que le voisin quand on est déjà riche.

Animaux bien dressés qui ne cessent de réagir en fonction de tout ce qu’on nous a mis dans le crâne, (croyances, règles, etc…) et qui se racontent de belles histoires de libre-arbitre.

Vous me direz que certains de nos buts sont communs. Certes, mais la manière d’y parvenir varie en fonction de nos angles de vues respectifs… comment réussir l’union par l’addition des divisions ?

Grosse rigolade…

par jean
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Jeudi 24 avril 2008
"Tôt le matin le Seigneur s’habilla, mit sa robe, prit son bol, et entra dans la grande ville de Sravasti pour aller chercher des aumônes. Après avoir mangé et être revenu de sa tournée, le Seigneur déposa son bol et sa robe, se lava les pieds, et s’assit sur le siège qui avait été préparé pour lui, croisant ses jambes, tenant son corps droit, et fixant consciemment son attention devant lui. "

Je me rappelle que la première fois où j'ai lu ce sutra, je me suis dit : "heureusement que des gens sont là pour le nourrir et lui préparer un siège pour sa méditation..."
par jean
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Mardi 1 avril 2008

Pourrait être la fin de tous les maux…

Cultivons le silence et la retenue.

Non seulement on y trouve la paix et le calme,

Mais en plus

On évite de se raconter des histoires.

par jean
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Lundi 17 mars 2008
Hier, j’ai passé un temps infini à regarder par la fenêtre les nuages défilaient assis sur mon rocking-chair. Un temps infini, car mon esprit était si vide, que rien ne s’y installait, hormis ces nuées qui se succédaient, m’emplissant le regard, la tête.
J’aime ces moments où il y a abolition du temps, abolition du soi, cette dilution magnifique.
Où ce que je suis, ce que je voudrais, ce que je dois ou non, n’a plus de sens, n’a plus lieu d’être.
La fontaine incessante des pensées se tarit l’espace d’un moment ainsi que toutes ces constructions mentales qui font souvent de nos existences, il faut le dire, un enfer.
Tout avait pourtant commencé dans le bouillonnement. Envie incontrôlable de peindre, sculpter, créer, évacuer ce trop-plein qui se pointe brutalement. Mais syndrome de la page blanche, impossibilité d’accoucher, quelle couleur, quelle nuance, quelle thème, quel portion de matière à ôter à cette pierre….
Et d’un coup, le vide absolu. S’asseoir et se diluer.
Pourquoi cette société ne sait-elle pas s’arrêter un instant ? S’arrêter de parler, d’échafauder, de se projeter, de désirer…
Pourquoi n’apprend-on pas le silence et sa qualité, l’immobilité, l’oubli ?
La plus belle des toiles et la toile blanche, car, ne limitant pas l’esprit à des formes, elle lui ouvre, bien au contraire, l’infini. Il en va de même pour la pierre brute.
Laissez un mur blanc dans la ville, il ne tardera pas à être taggé… pourquoi une telle peur devant le silence, le vide ?
par jean
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Mercredi 12 mars 2008

Ce qui s’est passé dans ma commune est assez symptomatique du fait que la France se boboïse (se droitise de gauche, quoi …).

En résumé, 3 listes : 1, sortante, non avalisé par le PS, liste classique, à l’œuvre depuis des années, fonctionnant à l’ancienne (ce qui n’a rien de péjoratif, car, pourquoi vouloir toujours tout chambouler ? surtout dans une commune moyenne, avec le budget d’une commune moyenne). Des gens pas très originaux en somme, retraités du monde ouvrier, instituteurs, assistante de mapad, etc…

Une autre, estampillée PS mais assez représentative de l’évolution de ce parti, aujourd’hui. Je n’ai pu, à la lecture de cette liste, me retenir de penser que la plupart des gens présents sur cette liste auraient pu figurer, sans « rosir », sur une liste ump.

Et puis, une liste bien classique, de droite. C’est clair, c’est net.

Ouf, on respire, au moins là, c’est clair (bien que j’ai cherché le logo UMP, pas vu sur leur tract…).

C’est un mystère pour moi : que des gens qui fonctionnent à droite, votent, par une espèce de curieuse schizophrénie, à gauche.

Une espèce de bonne conscience qui évite de se dire : ça y est, j’ai basculé, je suis véritablement à droite ? Franchement, je sais pas. Peut-être des réminiscences de l’époque où leur parent, en bon ouvrier qu’ils étaient, votaient à gauche,

Mais, les temps changent, les temps changent.

Ou alors, constat amer et implacable qui découle directement de tout cela : la gauche n’est pas à gauche…

Alors, bien sûr, tout un chacun pourra dire : « vieux clichés que la droite et la gauche ».

Oui, mais c’est bête : en tant qu’être humain, on a besoin de bon repères, pas de repères brouillés. Sinon, ça donne des gens qui, élu à gauche, appliquent un programme de droite par la suite, ou des gens de droite qui revendiquent des valeurs de gauche.

Sans complexes, comme on dit.

Bref, des danseuses. Quand ça commence à fonctionner comme ça, même au niveau municipal, on se dit qu’on a atteint un palier.

Et au milieu, des gus qui ne savent plus qui est qui.

Il y a une frange de la population, de plus en plus importante, de plus en plus jeune aussi, qui rêvent d’un pays où l’on circule à vélo sur des pistes cyclables longues comme des GR, avec des crèches tout partout, des musées, des spectacles, des résidences calmes et tranquilles « entre nous », avec quand même le droit d’avoir de grosses voitures (vous comprenez, familles nombreuses) et des élus issues de la bonne société. Des gens qui exigent de donner  leur avis sur tout et tout, qui veulent absolument gouverner les conseils de classe… la démocratie participative, quoi.

Jolie et douce France, certes.

Il y a quelque chose qui me gène de plus en plus dans ce pays (qui est le mien). Ça commence à sentir la naphtaline, et puis cette indifférence, cette agressivité latente…

Une dureté dans ce peuple que je ne sens pas dans l’approche plus latine des autres. Un étrange pays coincé entre le nord et le sud. Ni du Nord, ni du sud, je sais pas trop.

Pas top tout ça.

par jean
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