Texte libre

la poésie à l’état pure :
Hozo
Extrait du Kledzé Hatal ou "Nuit des Chants" des indiens Navajos:
sur la piste marquée de pollen fasse que je marche
avec des sauterelles à mes pieds  fasse que je marche
avec la rosée à mes pieds fasse que je marche
avec la beauté fasse que je marche

la beauté devant moi fasse que je marche
la beauté derrière moi fasse que je marche
la beauté au-dessous de moi fasse que je marche
la beauté au-dessus de moi  fasse que je marche
la beauté tout autour de moi fasse que je marche

dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté avec un sentiment de vie fasse que je marche
dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté à nouveau vivant fasse que je marche
accompli dans la beauté
accompli dans la beauté
Mercredi 25 novembre 2009

 

 

C’est dans mon esprit que naissent les plus grands rêves,

C’est dans mon esprit que naissent les plus grandes peurs,

C’est dans mon esprit que naissent les projets les plus fous,

C’est dans mon esprit que nait la division entre les choses,

Et de cette division entre les choses, naissent, le différent,

L’autre, le plus, le moins, le grand, le petit, le bon, le mauvais,

L’envie, le désir, la jalousie, l’obsession, la faim insatiable du Vouloir.

C’est dans mon esprit  que naissent les fables et les mythes

C’est dans mon esprit que naissent les mots et les idées,

Qui vont colorer la réalité et la travestir,

C’est de mon esprit que nait le mensonge permanent

Qui alimente sans fin mes pensées.

C’est dans mon esprit qu’un jour sont nés Dieu, Satan, la vie éternelle.

C’est dans mon esprit que nait l’idée folle de gravir la plus haute montagne,

Car mon esprit n’aime pas avoir l’impression qu’il est petit.

Mon esprit n’aime pas être seul avec lui-même.

Mon esprit n’aime pas se voir pour ce qu’il est,

Une girouette sans cesse agitée par les vents.

Par jean
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Mercredi 18 novembre 2009

 

Au pied du mur : la porte est close.

C’est bien trop dur, j’me sens morose.

la pièce où j’ suis, volets fermés,

Je m’y ennuie, sent le renfermé.

 

les doux visages, Les robes légères,

M’emplissent de rage, ne m’attirent guère.

Il y a derrière, tant de calculs,

Tout c’la m’atterre, ça s’accumule.

 

Idées toutes faites, automatiques,

Devant la pub, l’esprit abdique,

Et ça me coupe, tous mes effets.

De voir cette soupe télévisée.

 

C’est donc ici qu’nous mène l’esprit,

Machinations et constructions

Réalité ou illusions,

Je n’ sais même plus, ce qu’est la vie.

 

A force de plier, dans un sens,

Ce qui va naturellement  d’l’ autre côté.

A force de sang, et d’ambition,

Qu’avons-nous fait d’l’humanité ?.

 

Duels ,conflits perpétuels,

Prendre, s’approprier, léser,

C’ qui est à l’autre, j’veux qu’ce soit mien,

Qu’en ai-je à faire du bien commun ?

 

S’enrichir du labeur d’autrui.

C’est la récompense du cynique,

Du p’tit, du faible, j’ai qu’du mépris,

Et le Sans Grade, et ben : J'LE NIQUE !

 

Par jean
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Mardi 22 septembre 2009

Un train qui passe,

Un jour s’écoule,

Nos rêves s’écroulent,

Mon âme est lasse.

 

Feuille qui jaunit,

La peau se ride,

L’esprit se vide,

L’enfant grandi,

 

Une rivière coule,

L’amour  s’érode,

Un rire éclate,

Une pierre qui roule,

 

Et de guerre lasse,

Je brise le moule,

Du rôle honni,

De toute une vie,

 

Mon cœur livide,

Sang écarlate,

Désirs avides,

Du carton-pâte.

 

Par jean
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Jeudi 20 août 2009

Le vent agite les feuilles du bouleau,

Mais peut-être est-ce simplement mon esprit qui s’agite en vain ….

J’ai les pensées qui bruissent doucement.

Le soleil joue à cache-cache avec l’ombre,

Sa lumière me fait cligner les yeux.

Mais est-ce bien sa lumière ?

Je me sens transporté en d’autres endroits, d’autres lieux.

Là où s’étendent à perte de vue les constructions sans âmes,

Je crois voir miroiter le bleu d’une mer.

Mais je crois, je ne vois pas, ça n’est qu’un rêve.

Encore un tour de cet esprit qui ne tient pas en place.

Le confort d’un bureau climatisé vaut-il mieux,

Que la barque d’un pêcheur dansant au grès des flots,

Peut-être que oui, peut-être que non, qui peut dire ?

Bienheureux celui qui a des certitudes….

Rires un jour, pleurs le lendemain,

Si tu pleures aujourd’hui, tu riras demain.

Le vent agite les feuilles du bouleau.

J’ai le cœur qui frisotte à la lumière de l’ombre.

Dans le confort de ma barque climatisée,

Ou dans un bureau dansant au fil de l’eau.

Quelle importance ?

Peut-être que ça en a, peut-être que ça n’en a pas.

Après tout, qui peut le dire ?

Le bouleau, qui sait, si j’écoute bien chanter ses feuilles sous le vent…

 

Par jean
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Vendredi 10 juillet 2009

La grande peur…

Je l’ai senti monter en moi, me submerger, petit à petit. Comme un type coincé dans  une cabine sur un navire en train de couler, et qui se sent acculé au plafond avec l’eau qui commence à lui rentrer dans la bouche. Total Panic…

Et si je l’avais choppé ce terrible virus…

Passé du contentement benêt du mâle ayant aimé une inconnue le mercredi, au type psychosé par la peur de la contamination le vendredi.

Week-end d’angoisse, à picoler pour fuir la peur, à sentir la peur s’accroître à force de picoler. A chercher la compagnie d’amis pour penser à autre chose, à me sentir seul au milieu des rires et de la joie.

Et puis, à regarder la vie, les choses du quotidien comme si c’était la dernière fois que je les voyais. Je venais brutalement de basculer hors  de la normalité…

Total Psychose, vous dis-je.

La toubib a eu beau me dire que, pour elle, il n’y avait aucun risque, il a fallu quand même que je passe par les tests de dépistage.

Je me revois dans ce dispensaire, avec des affiches tout autour me vantant les mérites du préservatif, soulignant lourdement les conduites à risques à éviter (que, bien sûr, je n’avais pas évitées !). Avec un personnel médical vaquant à ses occupations professionnelles routinières. M’appelant dans la salle d’attente par un n° anonyme qui faisait lever la tête (baissée) des gens présents pour probablement les mêmes raisons que moi. Ambiance lourde…

Et puis j’appelle le dispensaire, ce jeudi. Je donne mon n° et ma date de naissance (pas de nom, anonyme). L’on me dit que mes résultats sont disponibles. J’attends : rien de plus. Il faut que je passe les chercher.

Horreur, je ne pourrais pas avant 2 semaines, je pars.

Je quitte le travail immédiatement, sous le regard surpris de mes collègues. Je n’arrive plus à respirer. Un étau m’étreint la poitrine.

Je commence une prière dans ma petite tête, j’arrête, faut assumer ma connerie que je me dis.

Tu parles. En nage dans ma bagnole, je fonce, fébrile.

Pas moyen de me garer. Ça monte, ça monte, j’ai le cœur qui va pêter,  c’est pas possible !

Je déboule dans la salle d’attente : re-numéro d’appel anonyme, re-attente.

On vient me chercher, j’entre dans l’infirmerie. Je croasse (j’ai la bouche sèche) un timide bonjour.

La toubib : « Monsieur, je tiens à vous rassurer, le test est négatif ».

Je me sens tout petit minus, devant cette dame en blouse blanche. Elle est gentille, ne me fait pas la morale, me conseille la prudence pour la suite de ma vie.

Je suis effondré, la tension accumulée s’évacue d’un coup, je suis une flaque.

En me dirigeant vers ma bagnole, je regarde la vie, le ciel bleu, le soleil de ce jour de juillet, les gens, j’avance en titubant, comme un mec bourré.

Putain, c’est beau la vie.

Par jean
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