Texte libre

la poésie à l’état pure :
Hozo
Extrait du Kledzé Hatal ou "Nuit des Chants" des indiens Navajos:
sur la piste marquée de pollen fasse que je marche
avec des sauterelles à mes pieds  fasse que je marche
avec la rosée à mes pieds fasse que je marche
avec la beauté fasse que je marche

la beauté devant moi fasse que je marche
la beauté derrière moi fasse que je marche
la beauté au-dessous de moi fasse que je marche
la beauté au-dessus de moi  fasse que je marche
la beauté tout autour de moi fasse que je marche

dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté avec un sentiment de vie fasse que je marche
dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté à nouveau vivant fasse que je marche
accompli dans la beauté
accompli dans la beauté
Lundi 17 mars 2008
Hier, j’ai passé un temps infini à regarder par la fenêtre les nuages défilaient assis sur mon rocking-chair. Un temps infini, car mon esprit était si vide, que rien ne s’y installait, hormis ces nuées qui se succédaient, m’emplissant le regard, la tête.
J’aime ces moments où il y a abolition du temps, abolition du soi, cette dilution magnifique.
Où ce que je suis, ce que je voudrais, ce que je dois ou non, n’a plus de sens, n’a plus lieu d’être.
La fontaine incessante des pensées se tarit l’espace d’un moment ainsi que toutes ces constructions mentales qui font souvent de nos existences, il faut le dire, un enfer.
Tout avait pourtant commencé dans le bouillonnement. Envie incontrôlable de peindre, sculpter, créer, évacuer ce trop-plein qui se pointe brutalement. Mais syndrome de la page blanche, impossibilité d’accoucher, quelle couleur, quelle nuance, quelle thème, quel portion de matière à ôter à cette pierre….
Et d’un coup, le vide absolu. S’asseoir et se diluer.
Pourquoi cette société ne sait-elle pas s’arrêter un instant ? S’arrêter de parler, d’échafauder, de se projeter, de désirer…
Pourquoi n’apprend-on pas le silence et sa qualité, l’immobilité, l’oubli ?
La plus belle des toiles et la toile blanche, car, ne limitant pas l’esprit à des formes, elle lui ouvre, bien au contraire, l’infini. Il en va de même pour la pierre brute.
Laissez un mur blanc dans la ville, il ne tardera pas à être taggé… pourquoi une telle peur devant le silence, le vide ?
par jean
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Commentaires

Pourquoi une telle peur devant le silence, le vide ?

Peut être parce qu'il urgent d'exister ..
et qu'exister trop souvent veut dire combler.
Dans cette soif en nous de nous sentir aimés.

Et  celui qui en nous entretient cette peur
nous maintient à mille lieux du bonheur .
commentaire n° : 1 posté par : lilou (site web) le: 28/03/2008 18:55:42

S'il pouvait aussi nous tenir à 1000 lieues du malheur, ça ne serait pas si mal, non, lilou ?

commentaire n° : 2 posté par : jean (site web) le: 01/04/2008 10:51:55
que représente ce " il" pour toi ?
commentaire n° : 3 posté par : lilou le: 01/04/2008 14:14:47
ce "il"... un coup il est là, et je rêve, pense, marche, aime, juge. Un coup ce "il" est absent et alors,
je me fonds dans le paysage.
commentaire n° : 4 posté par : jean (site web) le: 02/04/2008 13:18:14
Nous avons peur du silence et du vide parce que nous nous retrouvons seuls face à nous.Et comme, souvent , nous ne nous aimons pas c'est insupportable.
commentaire n° : 5 posté par : ariaga (site web) le: 26/04/2008 15:25:20
le mur blanc c'est la liberté de se que l'on va y inscrire...
c'est la liberté qui fait peur
commentaire n° : 6 posté par : véro (site web) le: 15/06/2008 12:55:03

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