Texte libre

la poésie à l’état pure :
Hozo
Extrait du Kledzé Hatal ou "Nuit des Chants" des indiens Navajos:
sur la piste marquée de pollen fasse que je marche
avec des sauterelles à mes pieds  fasse que je marche
avec la rosée à mes pieds fasse que je marche
avec la beauté fasse que je marche

la beauté devant moi fasse que je marche
la beauté derrière moi fasse que je marche
la beauté au-dessous de moi fasse que je marche
la beauté au-dessus de moi  fasse que je marche
la beauté tout autour de moi fasse que je marche

dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté avec un sentiment de vie fasse que je marche
dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté à nouveau vivant fasse que je marche
accompli dans la beauté
accompli dans la beauté

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Mercredi 14 juin 2006

Un documentaire, en Afrique, sur une chasse au crocodile. A un moment, les chasseurs, à la recherche d'un monstrueux crocodile mangeur d'homme,  passent sur une pirogue près d'un pêcheur dans l'eau jusqu'à mi-cuisse.

Le chasseur : "Tu sais que c'est infesté de crocodiles ici ????"

L'homme dit quelque chose, hausse les épaules et à continue sa pêche.

Moralité : on s'habitue à tout, et quand il s'agit de bouffer, on a pas le choix.

C'est terrible.

 

Par jean - Publié dans : hozo
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Mercredi 14 juin 2006
Ce matin, plus de route !!! en suivant mon trajet habituel, j’arrive (et pas seulement moi) devant un panneau :  route barrée !!! je vous laisse imaginer notre désarroi. Ça fait 2 ans que ça dure…
La municipalité de Clermont-Fd a entamé les travaux du nouveau tramway. Censé nous projeter dans l’avenir, ça nous jette, pour l’instant, dans l’enfer.
Les voies circulatoires sont tellement réduites qu’elles sont encombrées d’un rien (mais les trottoirs, eux, sont devenus immenses !). Un bus se retrouve bloqué au milieu d’un carrefour et voilà, c’est l’embouteillage.
D’ailleurs, entre parenthèses, à aucun moment, je n’ai vu un agent venir régler la circulation….
Bon, je ne veux pas polémiquer sur le bien-fondé de ce projet (même si je devine, entre autre,  derrière tout ça, une grosse opération politique de la part de nos « potentats » locaux…)
Un bon chargé de com’ de la mairie, me toisant de haut style la noblesse s’adressant au tiers-état, m’expliquerait probablement que je ne comprends rien à la stratégie développée…
Tout ce que je note, c’est la liberté que les pouvoirs publics prennent de plus en plus sur le dos du citoyen…
On pourrait prévenir les gens que telle ou telle voie circulatoire va être fermée un peu à l’avance.  Enfin, on va dire que je suis grincheux. 
Ce que je note, c’est que le tramway est censé fluidifié la circulation en empêchant un trop grand nombre de voitures de circuler en ville…
Encore faudrait-il qu’il y ait des parkings autour de la ville. Or les travaux avancent, mais les parkings, pas trop…, ce qui veut dire aussi que les bouchons seront déplacés du Centre-ville à la périphérie.
Bref ce qui est inquiétant dans tout ça, c’est que ça exacerbe l’incivilité. Le nombre d’insultes échangées, de conduite chaotique engendrée par l’énervement…
On était stressé au boulot, maintenant on commence à être stressé en allant au boulot. A quand le stress au petit déjeuner ???
 
 
 
 
Par jean - Publié dans : hozo
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Mardi 13 juin 2006

Rien n'est pire que de travailler pour des gens qui confondent l'intérêt collectif avec leur ambition personnel. En fait, non, il y a encore pire : les gens qui utilisent le collectif pour assouvir leur ambition personnel.

La liste est longue...

Par jean - Publié dans : hozo
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Mardi 13 juin 2006
7h30, il fait très beau ce matin, encore une chaude journée… C’était (presque) agréable de partir bosser ce matin. Levé à la fraîche, je me suis bu mon café sur la terrasse avant d’y aller.
En ville, pas de circulation à cette heure. Ca ne vous arrive pas, par ses belles et chaudes matinée de printemps, de vous lever en vous disant : que va-t-il se passer dans ma vie ??
Ce doit être la saison, le temps, la proximité des congés qui nous pousse à imaginer que, soudain, un évènement (en général agréable, c’est plutôt ainsi qu’on le voit…) va venir tout chambouler.
Ça pourrait être quoi ? Une rencontre ? Un clin d’œil du destin ? Quelque chose qui, d’un coup, va réorienter votre vie…
En ce qui me concerne, ça doit faire des années que je fonctionne comme ça, mais bon, rien ne s’est véritablement passé de mémorable. Regret ? Non, pas du tout, ça ne me pose aucun problème. Non, ce qui est marrant, c’est le fait que, une fois ces conditions réunies, ce phénomène se déclenche, année après année.
La frustration, sûrement. Un drôle de truc ça. Vivre quelque chose et avoir envie de vivre autre chose. J’ai quelque chose mais je pourrais avoir autre chose que je n’ai pas. Une autre femme, un autre job, être dans un autre lieu. Toujours cette mécanique qui fait que l’on a systématiquement envie de vivre ailleurs et de vivre autrement.
Mais c’est marrant, on aimerait avoir le côté agréable de cette autre chose, mais pas les nouveaux emmerdes potentiels qui vont avec, style une jolie femme sexy, mais quand même intelligente, pas trop superficielle et pas trop exigeante, un job super bien payé mais qui ne demande (quand même) pas trop d’effort, vivre dans un pays chaud et en bord de mer, mais sans en subir les désagréments style ouragan, maladies tropicales.
Tout ça, c’est probablement le lot de tous les gens qui vivent dans des sociétés nantis. L’indien de basse caste ou l’africain moyen ne se pose même pas la question de savoir s’il existe autre chose que ce qu’il vit. En un sens, là où nous sommes frustrés de nos vies lisses, ils n’ont même pas le loisir d’imaginer une autre vie.
Mais c’est, quand même, aussi une affaire de Culture.
Tant qu’on estime la valeur de nos vies en fonction de certains paramètres tels que notre position sociale, nos possessions, nos relations, on en sort pas.
Bien sûr, même le dernier des habitants d’un village du Tiers-Monde n’échappe pas à sa condition d’être humain (être le chef du village, avoir le plus grand troupeau).
Mais c’est aussi affaire de sagesse, sachant que l’envie de posséder est un piège sans fin.
Il y a un proverbe amérindien qui considère que la richesse est quelque chose de fondamentalement malsain dans la mesure où l’on ne peut devenir riche ou puissant sans avoir empiété sur les autres.


Par jean - Publié dans : hozo
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Lundi 12 juin 2006
Ce midi, j’ai assisté à un spectacle étrange… je traînassais dans les rues de Clermont-Fd tout en mangeant mon sandwich. C’était très agréable, soleil, ciel bleu. En me baladant dans les ruelles, j’aurais presque pu croire (de loin et avec vraiment beaucoup de recul…) que je me trouvais dans une ville de la méditerranée. Bon, c’est probablement une distorsion due à mes origines et qui a pour conséquence de me ramener en Italie…
Bref, surgit une jeune femme marchant à grandes enjambées, la tête baissée, téléphone portable vissé à l’oreille.
Et vas-y que je marche de travers, comme si j’étais seule au monde, en heurtant un coup Pierre, un coup Paul. Pour finir elle raccroche, et se met à courir à grande enjambée, claquant des talons, pour aller je ne sais où…
Ça laisse songeur tout de même.
C’est comme ces personnes qui déboulent aux ronds-points comme si elles étaient seules. Où comme ces piétons qui traversent en diagonale, hors des passages-piétons de préférence, sans tenir compte des feux.
Et ces motards qui slaloment en doublant un coup à droite, un coup à gauche. Bref, pas de jaloux, toutes les catégories sont touchées !
Je me demande ce qui traverse l’esprit de toutes ces personnes pour qu’elles soient aussi peu présentes dans ce qu’elles sont en train de faire. Outre que c’est dangereux, c’est un peu comme si on traversait la vie sans la voir, l’esprit perdu dans un ailleurs. On part d’un point A vers un point B, sans regarder ce qu’il y a au milieu.
J’ai de la chance (même si parfois c’est oppressant), mon travail me fait bouger, me pousse à aller voir les gens, à les écouter, à les aider… combien de mes collègues n’ont pas cette opportunité (où ne veulent pas l’avoir, ça, je ne sais pas !!). Mais arriver le matin au boulot, se barricader dans son bureau, et se ruer le soir dans sa bagnole pour filer chez soi… on a beau tous avoir des obligations, ça frise l’autisme.
Enfin bon, flâner d’un pas léger en regardant la vie, les gens, profiter du soleil, c’est pas mal.
Par jean - Publié dans : hozo
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