Texte libre

la poésie à l’état pure :
Hozo
Extrait du Kledzé Hatal ou "Nuit des Chants" des indiens Navajos:
sur la piste marquée de pollen fasse que je marche
avec des sauterelles à mes pieds  fasse que je marche
avec la rosée à mes pieds fasse que je marche
avec la beauté fasse que je marche

la beauté devant moi fasse que je marche
la beauté derrière moi fasse que je marche
la beauté au-dessous de moi fasse que je marche
la beauté au-dessus de moi  fasse que je marche
la beauté tout autour de moi fasse que je marche

dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté avec un sentiment de vie fasse que je marche
dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté à nouveau vivant fasse que je marche
accompli dans la beauté
accompli dans la beauté
Mardi 13 juin 2006
7h30, il fait très beau ce matin, encore une chaude journée… C’était (presque) agréable de partir bosser ce matin. Levé à la fraîche, je me suis bu mon café sur la terrasse avant d’y aller.
En ville, pas de circulation à cette heure. Ca ne vous arrive pas, par ses belles et chaudes matinée de printemps, de vous lever en vous disant : que va-t-il se passer dans ma vie ??
Ce doit être la saison, le temps, la proximité des congés qui nous pousse à imaginer que, soudain, un évènement (en général agréable, c’est plutôt ainsi qu’on le voit…) va venir tout chambouler.
Ça pourrait être quoi ? Une rencontre ? Un clin d’œil du destin ? Quelque chose qui, d’un coup, va réorienter votre vie…
En ce qui me concerne, ça doit faire des années que je fonctionne comme ça, mais bon, rien ne s’est véritablement passé de mémorable. Regret ? Non, pas du tout, ça ne me pose aucun problème. Non, ce qui est marrant, c’est le fait que, une fois ces conditions réunies, ce phénomène se déclenche, année après année.
La frustration, sûrement. Un drôle de truc ça. Vivre quelque chose et avoir envie de vivre autre chose. J’ai quelque chose mais je pourrais avoir autre chose que je n’ai pas. Une autre femme, un autre job, être dans un autre lieu. Toujours cette mécanique qui fait que l’on a systématiquement envie de vivre ailleurs et de vivre autrement.
Mais c’est marrant, on aimerait avoir le côté agréable de cette autre chose, mais pas les nouveaux emmerdes potentiels qui vont avec, style une jolie femme sexy, mais quand même intelligente, pas trop superficielle et pas trop exigeante, un job super bien payé mais qui ne demande (quand même) pas trop d’effort, vivre dans un pays chaud et en bord de mer, mais sans en subir les désagréments style ouragan, maladies tropicales.
Tout ça, c’est probablement le lot de tous les gens qui vivent dans des sociétés nantis. L’indien de basse caste ou l’africain moyen ne se pose même pas la question de savoir s’il existe autre chose que ce qu’il vit. En un sens, là où nous sommes frustrés de nos vies lisses, ils n’ont même pas le loisir d’imaginer une autre vie.
Mais c’est, quand même, aussi une affaire de Culture.
Tant qu’on estime la valeur de nos vies en fonction de certains paramètres tels que notre position sociale, nos possessions, nos relations, on en sort pas.
Bien sûr, même le dernier des habitants d’un village du Tiers-Monde n’échappe pas à sa condition d’être humain (être le chef du village, avoir le plus grand troupeau).
Mais c’est aussi affaire de sagesse, sachant que l’envie de posséder est un piège sans fin.
Il y a un proverbe amérindien qui considère que la richesse est quelque chose de fondamentalement malsain dans la mesure où l’on ne peut devenir riche ou puissant sans avoir empiété sur les autres.


par jean publié dans : hozo
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Lundi 12 juin 2006
Ce midi, j’ai assisté à un spectacle étrange… je traînassais dans les rues de Clermont-Fd tout en mangeant mon sandwich. C’était très agréable, soleil, ciel bleu. En me baladant dans les ruelles, j’aurais presque pu croire (de loin et avec vraiment beaucoup de recul…) que je me trouvais dans une ville de la méditerranée. Bon, c’est probablement une distorsion due à mes origines et qui a pour conséquence de me ramener en Italie…
Bref, surgit une jeune femme marchant à grandes enjambées, la tête baissée, téléphone portable vissé à l’oreille.
Et vas-y que je marche de travers, comme si j’étais seule au monde, en heurtant un coup Pierre, un coup Paul. Pour finir elle raccroche, et se met à courir à grande enjambée, claquant des talons, pour aller je ne sais où…
Ça laisse songeur tout de même.
C’est comme ces personnes qui déboulent aux ronds-points comme si elles étaient seules. Où comme ces piétons qui traversent en diagonale, hors des passages-piétons de préférence, sans tenir compte des feux.
Et ces motards qui slaloment en doublant un coup à droite, un coup à gauche. Bref, pas de jaloux, toutes les catégories sont touchées !
Je me demande ce qui traverse l’esprit de toutes ces personnes pour qu’elles soient aussi peu présentes dans ce qu’elles sont en train de faire. Outre que c’est dangereux, c’est un peu comme si on traversait la vie sans la voir, l’esprit perdu dans un ailleurs. On part d’un point A vers un point B, sans regarder ce qu’il y a au milieu.
J’ai de la chance (même si parfois c’est oppressant), mon travail me fait bouger, me pousse à aller voir les gens, à les écouter, à les aider… combien de mes collègues n’ont pas cette opportunité (où ne veulent pas l’avoir, ça, je ne sais pas !!). Mais arriver le matin au boulot, se barricader dans son bureau, et se ruer le soir dans sa bagnole pour filer chez soi… on a beau tous avoir des obligations, ça frise l’autisme.
Enfin bon, flâner d’un pas léger en regardant la vie, les gens, profiter du soleil, c’est pas mal.
par jean publié dans : hozo
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Lundi 12 juin 2006
La marche du Progrès. On peut toujours rendre les choses moins contraignantes, plus efficaces, plus rentables, plus productives… De toute manière, nous, êtres humains, fonctionnons comme ça, toujours innover, aller de l’avant. Il y a quand même nuance entre innover pour se faciliter la vie et innover pour produire plus. La barrière est ténue et l’on a vite fait de basculer dedans. D’ailleurs, c’est systématique, on bascule toujours. Tout ça me dirait vous, n’est pas nouveau, c’est la nature humaine même. Oui et non, comme d’habitude, c’est la manière dont on appréhende les choses et la vie. Se la rendre plus simple, plus vivable ou faire du buziness. Je pense à tout ça suite à une conversation que j’ai eu avec mon père. Il a un grand jardin et pour l’arroser, il est obligé de tirer des seaux et des seaux d’eau à la main. C’est assez crevant. Je lui ai donc dit : « tu devrais t’acheter une pompe, ça te rendrait les choses plus faciles ». Réponse de celui-ci : « c’est vrai, on peut toujours faire mieux, mais est-ce toujours bien nécessaire ? ». D’abord, une pompe, c’est cher. Et puis si vous allez chez Casto ou ailleurs, vous ne trouverez même plus une simple pompe à main. Soit elles sont électriques (encore faut-il avoir une prise dans le coin…), soit elles sont thermiques. En plus, bien souvent, le progrès est synonyme de complication, mais c’est un autre débat. Bref, en résumé : à l’aide d’une pompe sophistiquée, on peut retirer de l’eau sans se fatiguer, donc arroser plus souvent et mieux, avoir de plus beaux légumes, accroître sa production, donc envisager d’en faire plus que nécessaire pour le vendre.. STOP !!! ça y est : on a basculé. Je me demande si l’idée de mettre en place la première noria de l’histoire a été faite sur une base humaine (soulager la dureté du travail des paysans) ou sur une base économique (rentabiliser et accroitre la production)…. Bon, le Progrès c’est bien, ça évite de s’user trop vite, ça permet de mieux se soigner, ça permet d’avoir du temps à soi. Malheureusement, cette évidence sert un peu trop souvent de base et d’argument à la floppée de gus qui ne pense qu’à en tirer parti. Tout ça pour dire que derrière les pensées humanistes qui nous habitent, il faut toujours chercher ce qui se cachent derrière en filigrane, les désirs, les envies, les frustrations. Quelque part, c’est quand même vachement important de savoir et de comprendre pourquoi on fait ou ne fait pas les choses, non ? Le genre de choses qui, un jour, pourraient nous éviter de nous faire la guerre, d’avoir systématiquement besoin de rouler dans une grosse 4x4, ou que sais-je encore, de travailler comme des fous parce qu’on nous a rabattu les oreilles en nous disant que c’est bien d’être beau, riche et performant, alors qu’en faite, on a qu’une envie, c’est de glander tranquillement. Ou peut-être même d’avoir envie d’étaler sa vie sur un blog !!!!
par jean publié dans : hozo
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Jeudi 8 juin 2006
Hier, jardin… sorti du travail (informatique), la tête comme un citron, fatigué nerveusement, agacé par le relationnel détestable chère au monde du travail
Je me dis : « allons faire un petit tour au jardin tiens ! »
A bien des égards, c’est mieux que de faire zazen. La marche jusqu’au potager me permet déjà de décompresser et lorsqu’enfin je pousse la vieille porte rouillée, ça y est, je suis passé dans un autre monde (ou peut-être, devrais-je dire, je suis revenu sur Terre !).
Je suis le sentier plein d’herbes folles, et m’y voilà.
Dans l’ordre, il y a les radis, les carottes, les salades, les petits pois, tomates, aubergines haricots. Sur les côtés, j’ai semé un peu au jugé, du maïs (pour voir ce que ça donne), des courgettes, et des melons. Et le thym, romarin, sauge, fraise.
Et puis il y a les fleurs, pour donner une petite note agréable et fraîche.
Je prends alors une grande bouffée d’air, et hop ! direction la cabane (vieille aussi, en planche), je prend la binette et je gratte.
Puis je vais tirer l’eau du puit, et j’arrose tout ça. De temps à autre, je lève la tête pour voir les piafs voletaient, regarder le ciel (et aussi, soulagé mon dos de travailleur du tertiaire, parce que, de biner, c’est vraiment crevant).
Que croyez-vous qu’il se passe ??? Et bien, miracle, 2 à 3 heures se sont écoulées tranquillement, j’ai la tête vide et le corps détendu.
Je ramasse une salade pour le repas du soir et je rentre.
Très banal, hein ? (voire ringard pour certains). Et bien non, il ya de grandes leçons à tirer de tout cela, mais encore faut-il s’y pencher. On aura sûrement l’occasion d’en reparler.
Quand vous tirez l’eau d’un puit, quand vous binez la terre, vous vous dites que ce geste-là a été répété à travers les siècles, qu’au moment où vous le faites, il y a un paysan pauvre (mais bon, pas forcément pauvre), en Afrique, en Asie, qui fait la même chose que vous, ça vous rend quelque part plus humain, où plutôt, ça vous rappelle ce qu’est être un « Etre Humain », rien d’exceptionnel en soi.
par jean publié dans : hozo
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Mercredi 7 juin 2006
Voilà, toc ! création du blog… un p’tit coup de narcissime et d’égocentrisme ??? envie de faire comme tout le monde ? (ouais, forcément, je ne suis guère différent de tout le monde, je suis « tout le monde ». Qu’est-ce-que je vais bien pouvoir raconter d’intéressant… ben rien, pour l’instant, je vais laisser mûrir. Tellement mûrir qu’il risque de ne rien se passer...
Les photos des ami(e)s, de la famille, de mes vacances ?
Bof, double bof, triple bof…
Parlez-de moi (“moi” m’intéresse tout juste, alors, intéresser les autres…).
Donner mon avis sur l’actualité, ça risque de ne pas être forcément très objectif.
Mon envie me porterait à faire un beau site, plein de trucs surprenants, un endroit où l’on est envie de venir..
Enfin, on verra bien.
Donc pour l’instant, je vais m’en tenir à un truc simple et sans chichi, style :
« hem… bonjour tout le monde… »
par jean publié dans : hozo
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