Mardi 15 mars 2011 2 15 /03 /Mars /2011 11:41

Hier, 15 mars 17h, je suis allé voir Maman à la maison médicalisée. A ma grande honte, je dois bien reconnaître que j’ai longuement hésité. .. Mais bon, j’y suis allé.

Elle m’a semblé un peu déprimée. Mais c’est vrai que c’est assez déprimant. Un lieu clos d’où elle ne peut sortir, des plafonniers allumés toute la journée qui finissent par agresser les yeux, une chaleur étouffante dans les locaux.

Et tellement de misère autour. De vieilles dames amorphes, écroulées dans leur fauteuil roulant, d’autres à l’écart, seules, qui vous fixe de leur regard éteint. Telle qui ne cesse pas de marcher et d’ânonner, telle autre qui pique tout ce qu’elle trouve. Et celle-là qui fait un scandale parce qu'on lui à pris SA chaise.

Et si peu de personnel pour s’en occuper. Encore une histoire de restriction budgétaire à la con. C’est ce que m’évoquait une dame qui semble n’être pas encore trop touchée par les dégâts d’Alzheimer : l’ennui, peu d’activités proposées, une attente interminable rythmée par les repas.

J’ai trouvé ma mère perdue. Et agressive. Aucune des autres malades ne semblaient trouver grâce à ses yeux. Elle n’avait qu’une envie, partir avec moi. Il a fallu que je bobarde encore pour désamorcer la crise. C’est vrai qu’on ne peut pas dire que les aides-soignantes vous aident dans ces cas-là. Enfin, j’ai compris le coup. Je viens une heure avant le repas, comme ça, ça me sert de prétexte pour la laisser. Mais à chaque fois, c’est un peu un crève-cœur, comme si je l’abandonnais à son sort. Tout en sachant qu’elle est mieux là, mon père n’étant pas capable d’adopter le comportement demandé. Ceci dit, à son crédit, il faut avouer qu’un malade d’Alzheimer au quotidien, ça vous bouffe une énergie.

Chaque fois que je repars, je suis partagé entre le soulagement d’échapper à ce milieu étouffant et un peu de culpabilité.

Il ne fait pas bon vieillir. Qu’en sera-t’il pour moi à son âge ? Qu’il est loin le temps de l’insouciance.

Par jean
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Lundi 14 mars 2011 1 14 /03 /Mars /2011 11:22

Dur, dur, les réveils, le matin. Du mal à émerger du lit, à me trainer vers la douche. Petit déjeuner dans le coltard et envie folle d’aller travailler sont mon lot quotidien (je ne pense pas, hélas, être le seul). Mais dès que je sors pour rejoindre ma voiture, l’air frais du matin, et le soleil naissant me requinque d’un coup. Là je me dis : une journée de plus à vivre, à respirer, une journée probablement comme une autre, avec son lot de petites contrariétés, mais une journée de vie ! Ça a son importance, quelque part, d’être hanté par l’idée de la fin et du temps qui passe : c’est que l’on est conscient justement de la mort et du temps qui passe. La plupart des gens s’imaginent (en fait, ils n’imaginent même pas, je crois) que les choses sont éternelles, immuables, que demain on fera ça, dans six mois, on fera ça et que les jours vont s’écouler peinard. Ben ce n’est pas vrai, tout marche bien et un jour : grain de sable et tout se grippe. Si, si, je vous assure : ça arrive à tout le monde. La plupart des gens en sont si peu conscient qu’ils ne supportent même pas la moindre panne dans leur quotidien, panne d’informatique, panne de voiture… réflexion du style : « je ne comprends pas, ça marchait bien hier, pourquoi ça ne fonctionne plus ? » ce genre de remarque en dit long, ne trouvez-vous pas ? Moi si. Ça en dit sur le peu de conscience que tout un chacun a du caractère éphémère des choses. Ça en dit long sur l’état de conscience d’une société. On voudrait un éternel printemps, mais l’automne finit toujours par arriver. Enfin, il fait beau aujourd’hui, je vous souhaite de bien savourer cette journée. De lever le pied (rouler vite ne sert absolument à rien !), de profiter des fleurs qui commencent à fleurir, de cesser de regarder vos pieds et d’enlever le machin que vous avez sur les oreilles. Histoire de voir la vie, le flot d’énergie de la vie qui s’écoule autour de nous.

Par jean
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Samedi 12 mars 2011 6 12 /03 /Mars /2011 18:06

Samedi 12 mars. 11

Il est 17h49, ce samedi… le temps s’est sérieusement refroidi après cette semaine de soleil quasi-printanière. Je viens à peine de lever la tête. J’ai fait une sieste, tellement je me sentais fatigué et vidé, j’ai fait un peu de guitare (mon chat s’est endormi dans ma housse de guitare), écouté de la musique, je lève la tête et voilà : 17h49, pas mis le nez dehors.

Je suis resté mi-prostré, mi-hébété chez moi. J’ai encore en tête la nouvelle de la mort de Richard, les images ne cessent pas de défiler dans ma tête, des moments vécus, loin, perdus dans le passé, des moments qui n’ont pas existés.

Je n’ai même pas eu le courage d’aller voir ma mère à la maison de retraite, ça fait un moment pourtant que je repousse ça. Là aussi, d’aller là-bas, au milieu de dames âgées qui n’ont plus toute leur tête, toutes atteintes de la maladie d’Alzheimer. La dernière fois, ma mère a à peine fait attention à ma présence. Un petit côté « vol au dessus d’un nid de coucou ». Et pour comble de tout, ces chansons des temps passés qu’ils leur mettent en boucle, ça finit d’arranger le tableau.

2 ans d’écoulées à me reconstruire, ne plus penser au traumatisme de cet accident, à voir la maladie de ma mère évoluer, la voir sombrer, s’éloigner, voir la famille brisée par ce drame.

C’est comme un tunnel dans lequel on rentre en se disant que, c’est terminé, on ne reverra jamais la lumière aussi pleinement qu’on la voyait avant. Au temps bénit de l’inconscience.

Mr SP m’occupe l’esprit, le temps que je passe à lui bricoler son univers baroque me donne au moins l’impression de créer, de faire quelque chose.  Ce type, c’est un peu moi, décalé, largué, dans un autre monde, fait de bric et de broc.

Je n’arrive pas à prendre un pinceau, ni un burin, rien. The Vide avec un grand V.

Par jean
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Jeudi 10 mars 2011 4 10 /03 /Mars /2011 12:17

Je suis au boulot, il est 09h23. Je viens d’apprendre via ma messagerie professionnelle que Richard est décédé, des suites d’un cancer foudroyant. Il avait mon âge, 48 ans. Outre qu’il était collaborateur de la même entité professionnelle que moi (mais pas dans la même région), c’était un ami d’adolescence avec qui nous avions fait les 400 coups, mon frère et moi.

Nous nous étions rencontrés il y a quelques mois sur mon lieu de travail. Cela faisait longtemps que nous nous étions perdus de vue. Quelle n’avait pas été notre surprise de découvrir que nous travaillions pour la même boîte. Nous avions évoqués le « bon vieux temps », la tournure qu’avait pris nos vie, il semblait en pleine forme, toujours ce côté « beau gars ».

Puis j’avais appris, qu’il avait cessé son activité professionnelle pour longue maladie. Et puis, voilà, ce matin, cette nouvelle : il n’est plus.

C’est jeune 48 ans, et ça me renvoie à mon infarctus. J’ai eu de la chance, un sursis, même si cela se conjugue au quotidien avec une prise lourde de médicament, je suis là, en vie, je vois le bout de ciel bleu par la fenêtre de mon bureau. Cette après-midi, je pourrai aller me balader, respirer l’air frais et constater que le printemps, chaque jour un peu plus, arrive.

 Les bobos de la vie sont-ils si graves ? Je ne crois pas non. Les responsabilités si importantes que cela ? Non, pas vraiment. Ce poids que l’on se met quotidiennement sur les épaules pour tout un tas de choses….  Une folie qui nous ronge la vie.

Allez, salut Richard.

Par jean
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Jeudi 10 mars 2011 4 10 /03 /Mars /2011 08:48

 Une immense lassitude s’est emparée de moi.

Je ne sais pas où je vais.

Bof. Si peut évident.

Un boomerang nous revient toujours dans la gueule,

C’est ainsi que le temps passe, sans effusion de sang, mais globalement irréprochable.

En êtes-vous sûr ?

La priorité au nettoyage des ordures, qui vont et viennent au fil de l’eau.

Une flaque sur le trottoir renvoyant des senteurs de printemps,

 Le soleil brille haut dans la nuit espérant,

En vain que le long fleuve qui serpente entre les bâtiments se torde de rire face au miroir.

Quelle ineptie que de croire que le vent du souvenir

Volète sur le bureau d’un conseil d’administration

Où un oiseau à fait son nid.

La circulation dense sur un air de polka dans un face à face avec lui-même.

Soudain, il sort une arme, et projette de la sauce tomate sur les murs

En arrosant sa pelouse.

Qui croirait cela ?

Voici venir le temps des incertitudes néfastes à la vision grandiose du bonnet que j’ai enfilé pour protéger mes oreilles d’un froid cosmique et abyssal, à l’approche d’une géante gazeuse qui  vibre de joie au son des violons d’un orchestre viennois.

Le champagne coule à flot, humectant mes lèvres de rosée matinale.

 

Par jean
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