Texte libre

la poésie à l’état pure :
Hozo
Extrait du Kledzé Hatal ou "Nuit des Chants" des indiens Navajos:
sur la piste marquée de pollen fasse que je marche
avec des sauterelles à mes pieds  fasse que je marche
avec la rosée à mes pieds fasse que je marche
avec la beauté fasse que je marche

la beauté devant moi fasse que je marche
la beauté derrière moi fasse que je marche
la beauté au-dessous de moi fasse que je marche
la beauté au-dessus de moi  fasse que je marche
la beauté tout autour de moi fasse que je marche

dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté avec un sentiment de vie fasse que je marche
dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté à nouveau vivant fasse que je marche
accompli dans la beauté
accompli dans la beauté
Mardi 1 avril 2008

Pourrait être la fin de tous les maux…

Cultivons le silence et la retenue.

Non seulement on y trouve la paix et le calme,

Mais en plus

On évite de se raconter des histoires.

par jean
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Lundi 17 mars 2008
Hier, j’ai passé un temps infini à regarder par la fenêtre les nuages défilaient assis sur mon rocking-chair. Un temps infini, car mon esprit était si vide, que rien ne s’y installait, hormis ces nuées qui se succédaient, m’emplissant le regard, la tête.
J’aime ces moments où il y a abolition du temps, abolition du soi, cette dilution magnifique.
Où ce que je suis, ce que je voudrais, ce que je dois ou non, n’a plus de sens, n’a plus lieu d’être.
La fontaine incessante des pensées se tarit l’espace d’un moment ainsi que toutes ces constructions mentales qui font souvent de nos existences, il faut le dire, un enfer.
Tout avait pourtant commencé dans le bouillonnement. Envie incontrôlable de peindre, sculpter, créer, évacuer ce trop-plein qui se pointe brutalement. Mais syndrome de la page blanche, impossibilité d’accoucher, quelle couleur, quelle nuance, quelle thème, quel portion de matière à ôter à cette pierre….
Et d’un coup, le vide absolu. S’asseoir et se diluer.
Pourquoi cette société ne sait-elle pas s’arrêter un instant ? S’arrêter de parler, d’échafauder, de se projeter, de désirer…
Pourquoi n’apprend-on pas le silence et sa qualité, l’immobilité, l’oubli ?
La plus belle des toiles et la toile blanche, car, ne limitant pas l’esprit à des formes, elle lui ouvre, bien au contraire, l’infini. Il en va de même pour la pierre brute.
Laissez un mur blanc dans la ville, il ne tardera pas à être taggé… pourquoi une telle peur devant le silence, le vide ?
par jean
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Mercredi 12 mars 2008

Ce qui s’est passé dans ma commune est assez symptomatique du fait que la France se boboïse (se droitise de gauche, quoi …).

En résumé, 3 listes : 1, sortante, non avalisé par le PS, liste classique, à l’œuvre depuis des années, fonctionnant à l’ancienne (ce qui n’a rien de péjoratif, car, pourquoi vouloir toujours tout chambouler ? surtout dans une commune moyenne, avec le budget d’une commune moyenne). Des gens pas très originaux en somme, retraités du monde ouvrier, instituteurs, assistante de mapad, etc…

Une autre, estampillée PS mais assez représentative de l’évolution de ce parti, aujourd’hui. Je n’ai pu, à la lecture de cette liste, me retenir de penser que la plupart des gens présents sur cette liste auraient pu figurer, sans « rosir », sur une liste ump.

Et puis, une liste bien classique, de droite. C’est clair, c’est net.

Ouf, on respire, au moins là, c’est clair (bien que j’ai cherché le logo UMP, pas vu sur leur tract…).

C’est un mystère pour moi : que des gens qui fonctionnent à droite, votent, par une espèce de curieuse schizophrénie, à gauche.

Une espèce de bonne conscience qui évite de se dire : ça y est, j’ai basculé, je suis véritablement à droite ? Franchement, je sais pas. Peut-être des réminiscences de l’époque où leur parent, en bon ouvrier qu’ils étaient, votaient à gauche,

Mais, les temps changent, les temps changent.

Ou alors, constat amer et implacable qui découle directement de tout cela : la gauche n’est pas à gauche…

Alors, bien sûr, tout un chacun pourra dire : « vieux clichés que la droite et la gauche ».

Oui, mais c’est bête : en tant qu’être humain, on a besoin de bon repères, pas de repères brouillés. Sinon, ça donne des gens qui, élu à gauche, appliquent un programme de droite par la suite, ou des gens de droite qui revendiquent des valeurs de gauche.

Sans complexes, comme on dit.

Bref, des danseuses. Quand ça commence à fonctionner comme ça, même au niveau municipal, on se dit qu’on a atteint un palier.

Et au milieu, des gus qui ne savent plus qui est qui.

Il y a une frange de la population, de plus en plus importante, de plus en plus jeune aussi, qui rêvent d’un pays où l’on circule à vélo sur des pistes cyclables longues comme des GR, avec des crèches tout partout, des musées, des spectacles, des résidences calmes et tranquilles « entre nous », avec quand même le droit d’avoir de grosses voitures (vous comprenez, familles nombreuses) et des élus issues de la bonne société. Des gens qui exigent de donner  leur avis sur tout et tout, qui veulent absolument gouverner les conseils de classe… la démocratie participative, quoi.

Jolie et douce France, certes.

Il y a quelque chose qui me gène de plus en plus dans ce pays (qui est le mien). Ça commence à sentir la naphtaline, et puis cette indifférence, cette agressivité latente…

Une dureté dans ce peuple que je ne sens pas dans l’approche plus latine des autres. Un étrange pays coincé entre le nord et le sud. Ni du Nord, ni du sud, je sais pas trop.

Pas top tout ça.

par jean
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Jeudi 6 mars 2008
"Les gens sont arriérés : ignorants du vrai soi, ils courent après des biens, souffrant volontairement d’immenses douleurs pour satisfaire leurs désirs d’un peu de plaisir.
Le matin, avant même d’ouvrir les yeux et de sortir du lit, à demi réveillés, leurs esprits virevoltent déjà dans la confusion, suivant le cours de pensées hasardeuses.
Les actes, bon ou mauvais, n’ont pas encore fait leur apparition, mais, avant qu’ils soient sortis du lit, dans leur cœur, ils ont déjà donné forme au Paradis et à l’enfer.
Et, au moment d’agir, les graines d’enfer et de paradis sont déjà plantées dans leurs esprits.
L’activité frénétique, l’attraction pour des choses futiles et la voracité, sont les causes d’habitudes inutiles, décevantes, qui semblent toujours avoir existé, semblable à la roue d’un moulin qui tourne sans arrêt.
Si vous pénétrez réellement cette vision des choses, vous comprenez que le paradis et l’enfer ne sont nulle part ailleurs que dans le cœur d’un individu à demi réveillé et prêt à sortir du lit, ils ne viennent pas de l’extérieur."

 aparté :
Je viens d’apprendre qu’U.G Krisnamurti est décédé il y a un an. Sacré personnage, moi qui le croyait immortel quelque part. Mr « Antitout » par excellence. Si vous vacillez au bord du gouffre, alors, lisez ses entretiens dans « la pensée est un mythe ».
Comme ça, vous serez sûr de faire le grand saut !
 
http://nondualite.free.fr/c_ugev01.htm
par jean
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Mercredi 5 mars 2008
C’est l’esprit qui donne la forme à l’objet avant qu’il ne soit façonné,
Mais c’est aussi l’objet qui peut façonner la vision qu’en a l’esprit.
Finalement, le mieux c’est que, ni l’un, ni l’autre ne se façonne.
Et se regardent l’un l’autre pour ce qu’ils sont, sans s’évaluer, se jauger.
Sans se définir.
Façonnant l’objet, je façonne l’idée que j’en ai,
En précisant la représentation qui se dégage,
J’associe l’objet à cette image.
Ainsi donc, voilà, comment j’ai enfermé l’objet dans la vue subjective que j’ai de lui,
M’interdisant à jamais de le considérer autrement.
Je suis donc un piètre sculpteur…
Jamais je n’arriverai à l’art inégalé de la nature façonnant aveuglément sa création.
J’essaye, ça donne quelque chose, je rate, je recommence…
Rien n’est plus beau qu’une feuille, qu’une fleur.
Rien n’est plus stupide que de vouloir restituer l’image de cette feuille, de cette fleur.
La vie a créé cette feuille, cette fleur.
Moi, je ne pourrais jamais que les reproduire, les copier.
Finalement, tout ce que je peux dire ou faire ou écrire, n’est que du réchauffé, du déjà fait, déjà écrit, déjà créé.
Juste bon à extrapoler. Réarranger des vieilles recettes et les mettre au goût du jour.
 
 
 
 
par jean
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