Texte libre

la poésie à l’état pure :
Hozo
Extrait du Kledzé Hatal ou "Nuit des Chants" des indiens Navajos:
sur la piste marquée de pollen fasse que je marche
avec des sauterelles à mes pieds  fasse que je marche
avec la rosée à mes pieds fasse que je marche
avec la beauté fasse que je marche

la beauté devant moi fasse que je marche
la beauté derrière moi fasse que je marche
la beauté au-dessous de moi fasse que je marche
la beauté au-dessus de moi  fasse que je marche
la beauté tout autour de moi fasse que je marche

dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté avec un sentiment de vie fasse que je marche
dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté à nouveau vivant fasse que je marche
accompli dans la beauté
accompli dans la beauté
Vendredi 5 janvier 2007 5 05 01 2007 09:03
Le pèlerin avait entendu parlé d’un homme de sagesse, qui vivait seul, installé au faîte d’une colonne de pierre, dérisoire vestige d’un temple depuis longtemps ruiné par les outrages du temps.
Cela faisait des années qu’il errait sur cette terre, à la recherche de la Vérité. Démuni, crotté, à moitié mort de faim, sa quête l’avait mené aux confins de ce désert. Il ne lui restait plus que sa mule, et une bourse contenant quelques pièces.
Il lui avait été dit que ce vieil ermite maîtrisé les secrets de la Vie et de la Mort, du Passé et du Futur, de la Fin de la Souffrance et de l’Eternité.
Depuis une semaine, cheminant sur les sentiers de poussière, il n’avait pas croisé âme qui vive, si ce n’est quelques lézards et lichens, dont il avait fait son ordinaire, du reste.
La journée finissant, il devina, au détour d’un chemin, la silhouette massive d’une colonne de pierre. A son sommet, des mouvements trahissaient la présence d’un être vivant.
Arrivé au pied de l’édifice, il bascula la tête en arrière et, y mettant tout le peu d’énergie qu’il possédait encore, il s’adressa à la forme en ces termes :
« Holà, m’entendez-vous ? »
Pas de réponse. Epuisé, il cala la bride de son mulet sous une pierre et s’assit à même le sol.
Avisant un petit caillou, il s’en saisit et, d’un mouvement lasse, l’envoya au jugé en direction du haut de la colonne.
- « Aie ! »
Un visage apparut :
-« qui va là ? Qui dérange ma retraite ? »
- « Je ne suis qu’un pèlerin à la recherche de la Vérité, Sainteté »
- « De la Vérité, dis-tu ? Mais n’y’a-t-il qu’une Vérité… »
- « En cela maître, vous semblez adhérer à la thèse soutenue par les Moines de la Protubérante Réalité !!! »
- « Que me dis-tu là, sot ??? Point de sophismes !!  Laisse donc ces mangeurs de légumes où ils sont avec leur hérésie !! »
- « Mais alors Auguste Sainteté, qu’en est-il ??? » gémit piteusement le pauvre pèlerin.
-« Il te faudra monter sur cette colonne si tu veux espérer, un jour, percevoir ne serait-ce qu’une once de l’Insondable Vérité. Mais prends garde, elle peut fort bien te consumer.
- « Qu’importe Maître, je suis prêt à tous les sacrifices ».
-« Alors, il te faut venir ici. Voici la corde, je descends. Ainsi, je te laisse la place. Prends tout ton temps pour méditer, je garderai ta mule ».
Le pèlerin s’installa. Au bout d’un instant, il s’adressa de nouveau au vieil ermite :
-« Maître, comment dois-je faire ??? »
-« Assieds-toi jambes croisées, sans bouger, et respire lentement. » dit l’ermite, tout en fouillant les affaires du pèlerin.
-« Maître, comment saurais-je que je suis parvenu à percevoir la Réalité Ultime ?? »
-« Et bien, sot que tu es, lorsqu’elle se présentera à toi, tu la reconnaitras ! » Répondit l’ermite tout en passant la bourse à sa ceinture.
Une heure s’écoula, puis deux. L’attente immobile commençait à fatiguer les membres du pèlerin.
En désespoir de cause, il cria dans le noir :
« Maitre, je ne vois rien venir, c’est si dur ».
Il n’obtint aucune réponse. Dépité, lassé, dégouté d’être si peu vertueux, il entreprit de redescendre pour aller s’avouer piteusement vaincu à l’ermite.
Arrivé au pied de la colonne, il ne trouva ni mule, ni ermite.
…………………………………………………………………………………………………..
Le vieil homme arriva en ville sur le dos de sa mule. Il était sale, maigre à faire peur. Ses articulations, rendu raides par l’inactivité lui arrachaient des grimaces de douleurs, mais c’est cependant avec une lueur égrillarde dans le regard qu’il s’adressa en ces termes à un passant :
-« Dis-moi, homme, où puis-je trouver la maison de Plaisirs ???????»
 
 
Par jean - Publié dans : hozo
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Jeudi 21 décembre 2006 4 21 12 2006 10:04
Voilà. Au vu des dégâts occasionnés par l’enflure du Moi chez certains de nos collègues humains et le gâchis que ça occasionne sur notre vie,  j’ai décidé de monter un stage.
Il sera l’opposé des stages d’affirmations de la personnalité, des séminaires de motivation, et autres nombrilités exotiques.
Un stage d’humilité, quoi. Destiné à réapprendre à être :
1)      simple.
2)      A s’oublier un peu.
3)      A cesser d’entraîner les autres dans sa folie.
Si vous avez des idées de thèmes, d’ateliers, je suis preneur.
Croyez-vous qu’il y est un « marché porteur » pour cela ????
Par jean - Publié dans : hozo
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Vendredi 8 décembre 2006 5 08 12 2006 10:35
Voilà. Ça faisait un moment que ça le turlupinait. Ça avait commencé par une infection urinaire carabinée qui trainait en longueur. Des douleurs lancinantes dans son bras gauche.
Dernièrement, il ressentait une petite bosse sous son cuir chevelu, ça le gênait, ça l’irritait.
Il avait fini par aller voir le toubib. Mais il avait mis le temps. Le concept de maladie, c’était bon pour les autres. D’ailleurs, c’est bien connu, ça n’arrive qu’aux autres.
Radio, scanner.
Tiens Mr, c’est étrange, vous avez un trou dans le crâne… oh oui, ça lui avait paru étrange. On l’avait envoyé chez un spécialiste : le diagnostic n’était pas rassurant… selon la formule consacrée.
Mais paradoxalement, il se sentait mieux maintenant qu’il «savait».
Il était sur son terrain. C’est un homme d’action, lui, l’a peu près, le doute, le flou, le questionnement le plonge dans un monde effrayant qu’il n’appréhende même pas.
Mais bon, dès que les choses sont clarifiées, son sens de l’organisation reprend le dessus.
C’est juste un combat, avec un objectif et des moyens à mettre en œuvre pour y parvenir.
Commence la longue attente des visites, contre-visites, traitements.
D’un coup, son âge lui apparait. L’éphémère, l’impermanence, la mort, le temps qui passe sont des choses qu’il est obligé, pour la première fois de sa vie, de prendre en compte.
 
Par jean - Publié dans : hozo
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Mercredi 6 décembre 2006 3 06 12 2006 15:05
J’en reviens à mon idée première : qu’est-ce-que je fous là ??
Sur ce blog. Sur le Net. Fausse porte ouverte vers un autre possible…
Il y en a qui croit que c’est la porte ouverte à l’expression de leur désir les plus inavouables, d’autres que ça va les mener vers des mondes inconnus, d’autres vers des vérités.
Balivernes. C’est comme le reste. Une vitrine sans rien derrière. Où l’illusion se paye au prix fort. De la pub partout, à tour de bras. Des infos accessibles… si vous payez.
Des pages remplies de choses qu’on arrive pas à lire tellement le média s’y prête mal (et oui, ça n’est pas un livre). Des bouts de vie rêvée, des lambeaux de vie magnifiée.
Une impression de pouvoir exprimer autre chose. Mais une impression seulement.
Sensation de pouvoir toucher le monde en un clic de souris. Et pourtant, toujours, cette parfaite indifférence de l’autre au quotidien.
Je vais faire un blog à rebours. Je vais lui enlever, jour après jour, un bout de contenu, jusqu’à qu’il ne soit plus qu’une page vide.
Révéler ma terrible inconsistance d’homme.
Etres humains, je préférerais vous toucher, vous voir, vous écouter plutôt que de vous imaginez comme on peut imaginer un rêve.
Par jean - Publié dans : hozo
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Lundi 27 novembre 2006 1 27 11 2006 17:09
 
Mort=100 (soyons généreux !);
Age=0 ;
 
Tant que Age <= Mort
Je me lève,
Je fais mes besoins,
Je fais ma toilette,
Je déjeune,
Je m’habille,
Je pars au travail,
Je croise des gens,
Je mange à midi,
Je reprends mon travail,
Je sors du boulot,
    Si la maison est sale Alors
        Je fais mon ménage
                Fin Si
Je prépare le souper,
                Cas où Fatigué Alors        
                    1) Je bouquine
        2) je mate la télé
                Fin Cas où
                Si en rut,
                       Je baise,
                Fin Si
            Je dors.
Age=Age+1 ;
Fin Tant Que.  
Par jean - Publié dans : hozo
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