Texte libre

la poésie à l’état pure :
Hozo
Extrait du Kledzé Hatal ou "Nuit des Chants" des indiens Navajos:
sur la piste marquée de pollen fasse que je marche
avec des sauterelles à mes pieds  fasse que je marche
avec la rosée à mes pieds fasse que je marche
avec la beauté fasse que je marche

la beauté devant moi fasse que je marche
la beauté derrière moi fasse que je marche
la beauté au-dessous de moi fasse que je marche
la beauté au-dessus de moi  fasse que je marche
la beauté tout autour de moi fasse que je marche

dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté avec un sentiment de vie fasse que je marche
dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté à nouveau vivant fasse que je marche
accompli dans la beauté
accompli dans la beauté
Mercredi 21 mars 2007 3 21 03 2007 11:47
Le travail…
Je ne sais pas vous, mais c’est assez fatigant à la fin d’entendre cette ritournelle qui nous nous chante qu’il n’y a que le travail et la réussite, qu’il faut travailler plus pour gagner plus, etc…
Il y a eu une époque où cela pouvait encore faire illusion, mais, aujourd’hui, cela nous ferait rire si ça ne cachait pas de tristes arrières-pensées.
Ok, on a besoin d’avoir de l’argent pour manger, se loger, s’abriter, participer à la richesse du pays en payant des impôts par exemple.
Encore, faut-il en avoir un, travail. Et qui s’inscrive dans la durée…
En fait, ça intéresse qui, aujourd’hui, que les gens travaillent plus ??? l’Etat, pour ses rentrées fiscales, là encore, on peut facilement considérer que ça rentre dans notre rôle de citoyens. Ça intéresse les gens qui vivent et gagnent de l’argent sur le « dos » du travail.
Sinon, ça veut dire quoi ? travailler plus pour gagner plus d’argent ????? je ne sais pas où ils ont vu ça. Personnellement, les heures en plus sont pour ma pomme, et peu souvent récupérables. De plus, travailler plus, c’est encore boucher un peu plus l’accès au travail pour les autres. Faire des études plus longues ? être sur-diplômés ? désolé, ça n’est vraiment pas garant d’avoir un emploi intéressant, stable et correct à la sortie. Au contraire, c’est la dépression et la déprime assurée quand on arrive sur le « marché du travail ». Avec des conséquences psychologiques qui peuvent être lourdes, on en prend peut-être pas assez la mesure (où plutôt, on ne veut pas le voir).
Pire que ça. On a prouvé par A+B aux générations qui arrivent que le seul moyen de gagner de l’argent, c’était de faire bosser les autres et de spéculer sur le travail. Moins de chercheurs, moins d’artistes, moins de philosophes, moins de techniciens, mais plus de commerciaux, de managers, de spéculateurs en herbe.
De plus, peut-on juger quelqu’un uniquement à l’aune de son travail ? je connais quelques personnes rétives au travail (quoique travailleuses, étrange paradoxe…), qui sont intelligentes, intéressantes et tout à fait estimables.
D’autres qui passent leur vie de réunions en réunions dinatoires, qui cumulent des fonctions de représentativité en veux-tu en voilà (alors que je ne sais pas vous, mais moi, mener déjà deux tâches en même temps c’est pas évident).
Cassons une vérité : on peut être dirigeant et branleur (les heures ne font pas le travail, la représentativité s’accompagnent souvent d’une armée de techniciens, qui prennent, eux, en charge les dossiers sur le fond).
Je connais des artistes peintres, des musiciens qui, bien qu’étant hors du circuit traditionnel, passent des heures et des heures à faire des gammes et à jouer ou bien à peindre à la chaîne pour vivoter.
Je me méfie des « valeurs ». Elles viennent souvent à point nommer pour justifier des idéologies. Des bulles créées de toutes pièces par des gens intéressés qui vous disent après : « voilà, ça c’est la réalité ».
Alors que ça n’est qu’une bulle, pas plus réelle qu’une autre bulle.
Et ce non-sens qui consiste à dire qu’il va falloir travailler plus et plus longtemps pour payer les cotisations sociales alors qu’il n’y a AUCUN MOYEN de travailler correctement. Vaste escroquerie. Enorme schizophrénie.
La seule réalité qui vaille, c’est que l’on a besoin de travailler à minima pour fonctionner dans cette société. Pour payer sa nourriture, se loger, se vétir, s’acheter de quoi se cultiver.
Et se dégager du temps pour rêfléchir à la manière dont vont les choses et comment les améliorer.
Mais peut-être est-ce cela le but désiré : que les gens soient tellement absorbés par l’angoisse du lendemain, qu’ils en oublient ou qu’ils n’aient plus le temps de réfléchir sur leur humanité.
Comme au Moyen-âge. En fait de rupture, ça sent plutôt la régression et c’est porteur de tous les germes de violences et de menaces.
Restons sur le qui-vive.
En Inde, il y a des gens qu’on appelle les sadhous. Ils se baladent à moitié nus, ne font rien, ont renoncé à toutes les règles sociales pour vivre hors du monde, hors du temps, hors caste. En Occident, ce sont des fous, en Inde, des sages. Il n’est pas rare de voir des gens d’un certain niveau social se mettre à genoux pour leur baiser les pieds en signe de respect. Ça vaut ce que ça vaut, question de perceptions, de culture.
Il y a plein d’options de société possible, s’en est une, ici, s’en est une autre. Il n’y a pas une vérité. Il n’y a, bien souvent, que des gens qui ont intérêt à ce que telle ou telle vérité soit la règle.
 
Par jean - Publié dans : hozo
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Jeudi 8 mars 2007 4 08 03 2007 08:52

Photo vue dans une revue : un afghan, taliban de son état, marchant avec un lance-roquettes sur l’épaule.

Pourquoi un lance-roquette ? pourquoi pas une bêche ou une pelle ? c’est ce qui m’a traversé l’esprit.

Comment en arrive-t’on à préfèrer se trimballer avec ce type d’outil ? quel est le mécanisme dans la tête qui fait qu’on puisse se sentir mieux avec une arme qu'avec un outil ?

Ça m’interpelle… je réfléchis à tout ça et je reviens.
On s'en sortira pas.
Par jean - Publié dans : hozo
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Lundi 5 mars 2007 1 05 03 2007 13:45

Hier nous avons fait les semis en profitant d’un soleil printanier très en avance. D’ailleurs, tout est en avance, je ne sais pas si vous l’avez remarqué (si, forcément, vu la déprime du quotidien, un tel évènement ne peut que se remarquer).

Le pommier du Japon est en fleurs, de belles fleurs rouges déjà toutes ouvertes, les bourgeons apparaissent, les araignées ont commencé à coloniser les coins.

Peut-être est-ce un effet du réchauffement climatique, faut-il s’en réjouir ou s’en inquiéter, mais, bon sang, du soleil : ça fait du bien !!!

Ce soleil, c’est des envies de voyage, de rando, de bivouacs, de choses très simples et très humaines.

Envie dont nous sommes sevrés à longueur d’année. Marre des délais, des réunions, des projets, de la motivation (oui chef, bien chef, super chef), des dossiers qu’on doit garder sous le coude, des emails qu’on doit conserver pour se justifier de tout.

Quand j’étais gamin, dès qu’on trouvait une fourmilière, on ne pouvait pas s’empêcher de foutre un coup de pied dedans (ouh, les vilains enfants !).

Peut-être qu’un jour des «gens» vont venir foutre un coup de pied dans cette fourmilière qui est la nôtre…

Pendant que je taillais le rosier sur la terrasse, le chat du voisin est venu se frotter à moi. Sympa, le chat, non ?

Par jean - Publié dans : hozo
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Mardi 6 février 2007 2 06 02 2007 13:40
« Ti bouffes ou ti bouffes pas, ti crève quand même !! ». Je ne sais pas si vous vous rappelez de cet humoriste un rien vaseux et populiste qui avait sorti cette boutade dans un de ces sketchs. C’était dans les années 70.
Ben, en fait, dans cette tirade, se trouve toute la philosophie de la vie ! Dire qu’il y en a qui écrivent des études, des essais et des thèses pour parvenir au même constat !!
Bon passons.
Nous avons là, les fondements de la réalité humaine. Quoiqu’on fasse, ou ne fasse pas, le résultat est le même, écrit dans notre destinée d’être.
Chaque minute nous rapproche de cette réalité qui défie tout, les pyramides et la gloire. C’est bien pour cela (notamment pour ce qui me concerne) qu’avec l’âge, la peur nous étreint de plus en plus les tripes.
Donc, en fait, 2 attitudes faces à la vie : faire les choses, ou ne pas les faire. En sachant, et c’est important, il faudrait constamment le souligner tout au long de notre existence…
Que le résultat sera le même !!!!!
On peut toujours juger l’autre à l’aune de la propre attitude que l’on a choisi : par exemple, l’homme dynamique et plein de réussite qui regarde avec mépris l’homme passif. Où l’homme passif qui regarde avec commisération l’orgueilleux s’agitait.
Le fait de crever quand même devrait nous éclairer sur l’inanité de l’une ou l’autre démarche.
Donc, il suffit juste d’évaluer laquelle des 2 attitudes correspond le mieux à notre personnalité.
Mais est-on capable de l’évaluer ? Aujourd’hui, le chant des sirènes de la réussite perso nous pousserait plutôt à opter pour la solution « Ti bouffes ». Encore faudrait-il être capable d’engager une réflexion sur ce qui nous pousse vers l’une ou l’autre des 2 attitudes.
L’option réussite est, la plus simple, la plus rapide. Combler ses désirs, se faire plaisir peut paraître tellement plus agréable. Et c’est vrai que cela paraît normal. Mais parvient-on réellement à combler définitivement ses désirs ? Regarder le marché qui ne cesse, une fois atteint son but, de réévaluer ses objectifs pour toujours encore plus.
Quelqu’un a très bien défini les 3 poisons de l’existence humaine : l’avidité, l’ignorance et la colère. Les 3 s’alimentent sans cesse, l’avidité sans fin est alimentée par l’ignorance de ce cycle infernal et la colère naît du sentiment de ne pas avoir tout ce que l’on voudrait avoir. Et ça tourne, et ça tourne.
Quand à ne pas « bouffer », il y a là une certaine forme de masochisme dans laquelle bien peu d’entre nous (heureusement !) aurait du mal à se reconnaitre.
Alors, la morale de cette histoire, c’est quoi ???
Il faut bouffer un petit peu, mais pas trop, Et ne jamais oublier, à chaque instant.
Que de toute manière le résultat sera le même. Et c’est peut être ce constat-là dont il faudrait avoir un peu plus conscience.
Tiens « Little Bouddha » est de retour. Marrant de voir ce gamin de 16 ans figé sous son arbre tel Bouddha. Bien sûr, ça alimente le doute (il se lève la nuit pour manger, il y a un trucage).
N’empêche, ce qui est sûr, c’est qu’il est capable de ne pas bouger pendant une journée entière. Quand on sait ce que représente 1 heure de méditation en terme de tensions physiques et d’attention.
Lui, il a choisi « ti bouffes pas ».
Mais il y a tellement d’agités, qu’on pourrait au moins respecter une des rares personnes qui a décidé de ne pas bouger, non ?
Par jean - Publié dans : hozo
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Mardi 23 janvier 2007 2 23 01 2007 07:56
L’Abbé Pierre est donc mort. Ce petit vieux, tout mal habillé, tout rabougri, avec sa canne et ses lunettes de travers…
Si j’étais un peu cynique (ce que je suis), je dirais que sa mort + les tentes de l’association Don Quichotte, ça fait beaucoup :
Il va être difficile aux politiques d’esquiver leur responsabilité. J’en connais déjà qui doivent faire la grimace !! Sa mort, c’est comme un dernier pied de nez à l’indifférence !
C’était étrange, vous ne trouvez pas, de voir les médias chantaient ses louanges. On finissait par croire que les seules étoiles dignes d’être révérées, c’était les peoples, les sportifs, les politiques et les patrons. Patatras, un petit bonhomme de rien du tout, par sa mort, vient nous rappeler que ce n’est pas ça. Tous ces gens ne s’engagent que pour eux-mêmes. Lui, il s’est engagé pour les autres. De toute manière, on ne peut même pas dire qu’il y a eu engagement, c’était naturel. Il a vu la misère, il y est allé. Il a apostrophé les « grands » (en fait, très petits, croyez-moi !!!) pour les mettre en face de leur responsabilité.
Qu’ils ont esquivé à qui mieux mieux.
Une histoire qui dure depuis l’aube des temps. Des puissants (sans majuscule) enfermés dans leur égoïsme et leur calcul, et des Petits (avec majuscule) qui viennent les secouer.
C’est ça, la grandeur de l’Homme (s’il en est une…), rien à voir avec le business, les chiffres, les objectifs et la réussite. Cet homme, par sa mort, vient nous rappeler un truc fondamental : on se plante complètement dans la direction donné à nos vies, à notre société.
Ne le pleurons pas. De toute manière, il a dû avoir face à la mort une sérénité et une confiance que nous n’aurons peut-être jamais, enfermés que nous sommes dans notre peur de disparaître.
Sarko, Ségo et compagnie, vous avez l’air malin avec le fric que vous dépensez pour couronner votre sacre.
Les « étoiles » qui nous montrent la voie (avec désintéressement) sont rares dans notre monde.
C’était mon petit hommage perso.
Amen.
 
Par jean - Publié dans : hozo
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