Texte libre

la poésie à l’état pure :
Hozo
Extrait du Kledzé Hatal ou "Nuit des Chants" des indiens Navajos:
sur la piste marquée de pollen fasse que je marche
avec des sauterelles à mes pieds  fasse que je marche
avec la rosée à mes pieds fasse que je marche
avec la beauté fasse que je marche

la beauté devant moi fasse que je marche
la beauté derrière moi fasse que je marche
la beauté au-dessous de moi fasse que je marche
la beauté au-dessus de moi  fasse que je marche
la beauté tout autour de moi fasse que je marche

dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté avec un sentiment de vie fasse que je marche
dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté à nouveau vivant fasse que je marche
accompli dans la beauté
accompli dans la beauté
Jeudi 16 novembre 2006
Je ne comprends pas qu'on persiste à marcher sur la tête... c'est tellement plus pratique et simple d'avoir les pieds sur terre...
par jean publié dans : hozo
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Mercredi 15 novembre 2006
Isa est toujours aussi belle, elle vieillit, mais elle est toujours aussi belle, malgré ses 3 grossesses et ses 2 maris. Sourire qui lui mange le visage tellement il explose, yeux brûlants qui vous fixent, voix de velours au téléphone (« coucou, c’est moi » comme s’il n’y avait plus qu’elle à considérer en ce bas-monde).
Et je les vois, hommes, tournant comme des bourdons autour d’une fleur. Et je la vois, bises faciles.
Le problème, avec Isa, c’est qu’elle manque totalement de poésie. Totalement. Soyons francs, les gens, si tournés vers eux-mêmes, n’ont qu’une vision approximative de l’autre, et les hommes ne voient que ce qu’ils y cherchent. Je sais, je suis passé par là. Alors, ils voient d’Isa, son beau visage, ses longs cheveux noirs, son corps mince et élancé.
Parfois je suis obligé d’aller voir Isa. Obligé, parce qu’Isa, je l’ai rencontré au travail et que mon métier m’oblige à, malgré mes états d’âme, dépanner les autres. Ce qui n’est pas une mauvaise chose, en fait, servir l’autre est riche d’enseignements. Nous devrions tous du petit au plus grand, être régulièrement au service de l’autre.
Bref, je connais tellement bien Isa… elle irradie tant de mal-être… Isa qui n’a jamais assumer sa vie et qui n’a jamais cessé de trouver des gens, des hommes, capables de l’assumer à sa place. Avec moi, elle s’était trompée, la pauvre. Je n’ai rien du « mâle dominant ».
D’où ces 2 mariages ratés. On a beau rencontré des hommes socialement à l’aise, ça ne fait pas d’histoire d’amour.
Isa ne fait rien sans rien, rien pour rien. Pas de poésie, vous dis-je. Au début, je trouvais cela détestable, aujourd’hui je trouve cela si malheureux.
Quand je suis près d’elle, ça n’est jamais gratuit. Elle a un problème, elle appelle. Et me lance des phrases, sur sa vie, sur telle ou telle chose.
Je ne saisi rien de ces appels, ils tombent comme lettres mortes.
Je suis là pour autre chose, Isa, ne l’oublies pas.
Il serait si simple, chère Isa, de me convier à un café, et là, effectivement, nous pourrions parler de tout ce qui te chante.
Mais voilà, tu ne sais pas faire. Et ça me surprend toujours. Il y a des êtres qui ne savent tout simplement pas faire les choses sans raisons.
Isa, oui, tu es très jolie, mais vraiment, tu manques totalement de poésie. L’essentiel.
par jean publié dans : hozo
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Mardi 7 novembre 2006
Voilà, j’ai commencé à rentrer quelques plantes. D’ici samedi, j’essaierai de pailler celles qui resteront dehors, d’ici samedi, si je me décide. Je sens l’automne m’envahir, la sève refluer, il devient, chaque jour, de plus en plus difficile de me mouvoir dans cet univers-là.
Le citronnier a déjà morflé, zut, ça fait 2 ans que je me fais surprendre par le gel. Toujours le décalage entre la nécessité de faire et l’acte. Un peu comme les dinosaures, le temps que ça arrive au cerveau…
S’il n’y avait pas ce p….n de boulot pour briser la douce hibernation qui née en moi. Prendre la voiture dans le gris matin, affronter la circulation, deviner les ombres blafardes qui marchent sur les trottoirs.
Rencontrer des cadres qui ne parlent que d’objectifs, quel que soit la saison, qui sont toujours fringués en costard cravate, qu’il fasse froid ou chaud, toujours bronzés, qu’il y est du soleil ou non. Tristes clones ou clowns, pris dans leur contradictions, et pire, entrainant les autres dans ces contradictions.
Je préfère le chat du voisin, plus humain. Il vient gratter le matin à la porte-fenêtre de la cuisine. Je lui ferai une caisse bien chaude sous le balcon, pas question qu’il rentre. Il en ferait son territoire et me chasserai, peut-être, un jour. Il faut se méfier des chats. Ils ont l’art d’être indifférent, invisible et un jour, pof ! Vous vous rendez compte qu’ils ont pris toute la place, qu’ils se sont invités.
Un chat, une cheminée et un livre. Allez, rajoutons beaucoup de neige dehors. Argument facile pour justifier qu’on ne peut (ne veut…) rien faire. C’est une définition du bonheur, assez simple. Bon si ce n’est que, avoir une cheminée, c’est avoir une maison. Donc, pas si simple en fait !!
Vous vous rendez compte qu’avec le réchauffement climatique, on risque de n’avoir plus de neige ? À la place, des pluies, de la bouillasse, de la grisaille. A se demander si cette teinte particulière, le gris, ne nous nous va pas comme un gant, nous, humains.
Nous n’aimons pas la grisaille et nous en remplissons notre quotidien.
Vivement un peu de neige, que je chausse mes rackets pour aller me balader. Du blanc, c’est quand même vachement mieux que tout ce gris, non ?
 
par jean publié dans : hozo
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Lundi 6 novembre 2006
Souvenir d’un poème qui a marqué mon adolescence.
Une des plus fortes évocations de cette connerie magistrale qu’est la guerre.
Pour tout ceux qui estiment toujours nécessaire que de jeunes êtres, quels qu’ils soient, partent mourir pour la patrie, la démocratie, la paix.
Ou, plus justement, pour que ces mêmes « va-t’en guerre » puisse continuer à faire leur buziness.
 
LE DORMEUR DU VAL
 
C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ;
où le soleil, de la montagne fière,
Luit :
c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ;
 il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit
 
Arthur Rimbaud
 
par jean publié dans : hozo
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Samedi 4 novembre 2006
oui la peur de perdre quelque chose. La peur de perdre ses acquis, la peur de perdre ses rêves, ses années, sa vie. Son temps. La peur de perdre son travail, son statut, la peur de perdre le regard de l’autre qui nous fait tant de bien. La peur de n’avoir pas assez qui nous fait entasser, consommer. La peur d’être réduit à l’état d’être humain, plus rien, plus d’artifices, plus de subterfuges.
La peur qui paralyse.
La peur qui nous fait réagir devant le danger aussi, la peur qui nous rend prudent. La peur qui nous rend agressif.
La peur, chevillée au corps de l’humain. La peur, moteur de l’être humain, pourquoi pas ??? c’est la peur du froid qui lui a fait comprendre la nécessité de préserver le feu, la peur de la solitude, des prédateurs, qui l’a amené à s’unir aux autres. La peur d’avoir faim qui lui a appris la nécessité d’accroitre ses réserves et les conserver.
Mais la peur qui nous amène à croire en Dieu. La peur qui nous fait écouter les vendeurs de boniments, les vendeurs du « sacred buziness », ce qui nous promettent des lendemains qui chantent, des paradis.
La première des révoltes, n’est-ce-pas tout d’abord de se révolter contre ses propres peurs ???? Déjà, cela dégrossirait pas mal le terrain, non ?
 
 
par jean publié dans : hozo
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