Mardi 6 février 2007
« Ti bouffes ou ti bouffes pas, ti crève quand même !! ». Je ne sais pas si vous vous rappelez de cet humoriste un rien vaseux et populiste qui avait sorti cette boutade dans un de ces sketchs. C’était dans les années 70.
Ben, en fait, dans cette tirade, se trouve toute la philosophie de la vie ! Dire qu’il y en a qui écrivent des études, des essais et des thèses pour parvenir au même constat !!
Bon passons.
Nous avons là, les fondements de la réalité humaine. Quoiqu’on fasse, ou ne fasse pas, le résultat est le même, écrit dans notre destinée d’être.
Chaque minute nous rapproche de cette réalité qui défie tout, les pyramides et la gloire. C’est bien pour cela (notamment pour ce qui me concerne) qu’avec l’âge, la peur nous étreint de plus en plus les tripes.
Donc, en fait, 2 attitudes faces à la vie : faire les choses, ou ne pas les faire. En sachant, et c’est important, il faudrait constamment le souligner tout au long de notre existence…
Que le résultat sera le même !!!!!
On peut toujours juger l’autre à l’aune de la propre attitude que l’on a choisi : par exemple, l’homme dynamique et plein de réussite qui regarde avec mépris l’homme passif. Où l’homme passif qui regarde avec commisération l’orgueilleux s’agitait.
Le fait de crever quand même devrait nous éclairer sur l’inanité de l’une ou l’autre démarche.
Donc, il suffit juste d’évaluer laquelle des 2 attitudes correspond le mieux à notre personnalité.
Mais est-on capable de l’évaluer ? Aujourd’hui, le chant des sirènes de la réussite perso nous pousserait plutôt à opter pour la solution « Ti bouffes ». Encore faudrait-il être capable d’engager une réflexion sur ce qui nous pousse vers l’une ou l’autre des 2 attitudes.
L’option réussite est, la plus simple, la plus rapide. Combler ses désirs, se faire plaisir peut paraître tellement plus agréable. Et c’est vrai que cela paraît normal. Mais parvient-on réellement à combler définitivement ses désirs ? Regarder le marché qui ne cesse, une fois atteint son but, de réévaluer ses objectifs pour toujours encore plus.
Quelqu’un a très bien défini les 3 poisons de l’existence humaine : l’avidité, l’ignorance et la colère. Les 3 s’alimentent sans cesse, l’avidité sans fin est alimentée par l’ignorance de ce cycle infernal et la colère naît du sentiment de ne pas avoir tout ce que l’on voudrait avoir. Et ça tourne, et ça tourne.
Quand à ne pas « bouffer », il y a là une certaine forme de masochisme dans laquelle bien peu d’entre nous (heureusement !) aurait du mal à se reconnaitre.
Alors, la morale de cette histoire, c’est quoi ???
Il faut bouffer un petit peu, mais pas trop, Et ne jamais oublier, à chaque instant.
Que de toute manière le résultat sera le même. Et c’est peut être ce constat-là dont il faudrait avoir un peu plus conscience.
Tiens « Little Bouddha » est de retour. Marrant de voir ce gamin de 16 ans figé sous son arbre tel Bouddha. Bien sûr, ça alimente le doute (il se lève la nuit pour manger, il y a un trucage).
N’empêche, ce qui est sûr, c’est qu’il est capable de ne pas bouger pendant une journée entière. Quand on sait ce que représente 1 heure de méditation en terme de tensions physiques et d’attention.
Lui, il a choisi « ti bouffes pas ».
Mais il y a tellement d’agités, qu’on pourrait au moins respecter une des rares personnes qui a décidé de ne pas bouger, non ?