Texte libre

la poésie à l’état pure :
Hozo
Extrait du Kledzé Hatal ou "Nuit des Chants" des indiens Navajos:
sur la piste marquée de pollen fasse que je marche
avec des sauterelles à mes pieds  fasse que je marche
avec la rosée à mes pieds fasse que je marche
avec la beauté fasse que je marche

la beauté devant moi fasse que je marche
la beauté derrière moi fasse que je marche
la beauté au-dessous de moi fasse que je marche
la beauté au-dessus de moi  fasse que je marche
la beauté tout autour de moi fasse que je marche

dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté avec un sentiment de vie fasse que je marche
dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté à nouveau vivant fasse que je marche
accompli dans la beauté
accompli dans la beauté

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Mardi 3 avril 2007

Hier, enfin sorti de ma léthargie. Pris les graines et suis allé au jardin. Bêché, biné, planté des petits pois, des radis, des carottes et des salades. Voilà, enfin, je l’ai fait.

J’ai lutté fortement contre ce boulot qui s’immisce dans les moindres recoins de mon esprit, et j’y suis allé. Ce boulot qui me, qui nous suce la moelle et l’énergie comme une sangsue.

Travailler plus pour gagner plus. Chantes, beau merle.

Assez d’entendre le medef et les accros de la tune et de la gloire me chantait les louanges du libéralisme.

Où est passé le siècle des Lumières ? Où sont passés les humanistes ?

Il ne faisait pas chaud du tout. Ça caillait à mort, même. Il y a encore de la neige sur les montagnes.

Ce matin, les reins en compote. Ces efforts ne sont plus pour nous, hommes (et femmes) du siècle des technologies.

Juste bon à être musclé des poignets, à force de taper sur un ordi. A être musclé des neurones, à force de trop penser, gamberger, stresser.

Travailler plus. Non mais… alors qu’il y a tant de gens qui demandent un peu de travail. Ça a visiblement gelé dans leur cerveau, à tous ces donneurs de leçon (j’aimerais bien voir l’épaisseur du cal qu’ils ont dans les mains, à ce propos). A moins que ce soit leur esprit qui soit calcifié…

Et ça se prétend porteurs d’idées d’avenir…
Par jean - Publié dans : hozo
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Jeudi 22 mars 2007

Chinois et datant du 8ème siècle :

L'homme travailleur se tue à la tâche,

L'homme intelligent ne cesse de se tourmenter,

L'homme insouciant se promène librement.

Cool, non ?

Par jean - Publié dans : hozo
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Mercredi 21 mars 2007
Le travail…
Je ne sais pas vous, mais c’est assez fatigant à la fin d’entendre cette ritournelle qui nous nous chante qu’il n’y a que le travail et la réussite, qu’il faut travailler plus pour gagner plus, etc…
Il y a eu une époque où cela pouvait encore faire illusion, mais, aujourd’hui, cela nous ferait rire si ça ne cachait pas de tristes arrières-pensées.
Ok, on a besoin d’avoir de l’argent pour manger, se loger, s’abriter, participer à la richesse du pays en payant des impôts par exemple.
Encore, faut-il en avoir un, travail. Et qui s’inscrive dans la durée…
En fait, ça intéresse qui, aujourd’hui, que les gens travaillent plus ??? l’Etat, pour ses rentrées fiscales, là encore, on peut facilement considérer que ça rentre dans notre rôle de citoyens. Ça intéresse les gens qui vivent et gagnent de l’argent sur le « dos » du travail.
Sinon, ça veut dire quoi ? travailler plus pour gagner plus d’argent ????? je ne sais pas où ils ont vu ça. Personnellement, les heures en plus sont pour ma pomme, et peu souvent récupérables. De plus, travailler plus, c’est encore boucher un peu plus l’accès au travail pour les autres. Faire des études plus longues ? être sur-diplômés ? désolé, ça n’est vraiment pas garant d’avoir un emploi intéressant, stable et correct à la sortie. Au contraire, c’est la dépression et la déprime assurée quand on arrive sur le « marché du travail ». Avec des conséquences psychologiques qui peuvent être lourdes, on en prend peut-être pas assez la mesure (où plutôt, on ne veut pas le voir).
Pire que ça. On a prouvé par A+B aux générations qui arrivent que le seul moyen de gagner de l’argent, c’était de faire bosser les autres et de spéculer sur le travail. Moins de chercheurs, moins d’artistes, moins de philosophes, moins de techniciens, mais plus de commerciaux, de managers, de spéculateurs en herbe.
De plus, peut-on juger quelqu’un uniquement à l’aune de son travail ? je connais quelques personnes rétives au travail (quoique travailleuses, étrange paradoxe…), qui sont intelligentes, intéressantes et tout à fait estimables.
D’autres qui passent leur vie de réunions en réunions dinatoires, qui cumulent des fonctions de représentativité en veux-tu en voilà (alors que je ne sais pas vous, mais moi, mener déjà deux tâches en même temps c’est pas évident).
Cassons une vérité : on peut être dirigeant et branleur (les heures ne font pas le travail, la représentativité s’accompagnent souvent d’une armée de techniciens, qui prennent, eux, en charge les dossiers sur le fond).
Je connais des artistes peintres, des musiciens qui, bien qu’étant hors du circuit traditionnel, passent des heures et des heures à faire des gammes et à jouer ou bien à peindre à la chaîne pour vivoter.
Je me méfie des « valeurs ». Elles viennent souvent à point nommer pour justifier des idéologies. Des bulles créées de toutes pièces par des gens intéressés qui vous disent après : « voilà, ça c’est la réalité ».
Alors que ça n’est qu’une bulle, pas plus réelle qu’une autre bulle.
Et ce non-sens qui consiste à dire qu’il va falloir travailler plus et plus longtemps pour payer les cotisations sociales alors qu’il n’y a AUCUN MOYEN de travailler correctement. Vaste escroquerie. Enorme schizophrénie.
La seule réalité qui vaille, c’est que l’on a besoin de travailler à minima pour fonctionner dans cette société. Pour payer sa nourriture, se loger, se vétir, s’acheter de quoi se cultiver.
Et se dégager du temps pour rêfléchir à la manière dont vont les choses et comment les améliorer.
Mais peut-être est-ce cela le but désiré : que les gens soient tellement absorbés par l’angoisse du lendemain, qu’ils en oublient ou qu’ils n’aient plus le temps de réfléchir sur leur humanité.
Comme au Moyen-âge. En fait de rupture, ça sent plutôt la régression et c’est porteur de tous les germes de violences et de menaces.
Restons sur le qui-vive.
En Inde, il y a des gens qu’on appelle les sadhous. Ils se baladent à moitié nus, ne font rien, ont renoncé à toutes les règles sociales pour vivre hors du monde, hors du temps, hors caste. En Occident, ce sont des fous, en Inde, des sages. Il n’est pas rare de voir des gens d’un certain niveau social se mettre à genoux pour leur baiser les pieds en signe de respect. Ça vaut ce que ça vaut, question de perceptions, de culture.
Il y a plein d’options de société possible, s’en est une, ici, s’en est une autre. Il n’y a pas une vérité. Il n’y a, bien souvent, que des gens qui ont intérêt à ce que telle ou telle vérité soit la règle.
 
Par jean - Publié dans : hozo
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Jeudi 8 mars 2007

Photo vue dans une revue : un afghan, taliban de son état, marchant avec un lance-roquettes sur l’épaule.

Pourquoi un lance-roquette ? pourquoi pas une bêche ou une pelle ? c’est ce qui m’a traversé l’esprit.

Comment en arrive-t’on à préfèrer se trimballer avec ce type d’outil ? quel est le mécanisme dans la tête qui fait qu’on puisse se sentir mieux avec une arme qu'avec un outil ?

Ça m’interpelle… je réfléchis à tout ça et je reviens.
On s'en sortira pas.
Par jean - Publié dans : hozo
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Lundi 5 mars 2007

Hier nous avons fait les semis en profitant d’un soleil printanier très en avance. D’ailleurs, tout est en avance, je ne sais pas si vous l’avez remarqué (si, forcément, vu la déprime du quotidien, un tel évènement ne peut que se remarquer).

Le pommier du Japon est en fleurs, de belles fleurs rouges déjà toutes ouvertes, les bourgeons apparaissent, les araignées ont commencé à coloniser les coins.

Peut-être est-ce un effet du réchauffement climatique, faut-il s’en réjouir ou s’en inquiéter, mais, bon sang, du soleil : ça fait du bien !!!

Ce soleil, c’est des envies de voyage, de rando, de bivouacs, de choses très simples et très humaines.

Envie dont nous sommes sevrés à longueur d’année. Marre des délais, des réunions, des projets, de la motivation (oui chef, bien chef, super chef), des dossiers qu’on doit garder sous le coude, des emails qu’on doit conserver pour se justifier de tout.

Quand j’étais gamin, dès qu’on trouvait une fourmilière, on ne pouvait pas s’empêcher de foutre un coup de pied dedans (ouh, les vilains enfants !).

Peut-être qu’un jour des «gens» vont venir foutre un coup de pied dans cette fourmilière qui est la nôtre…

Pendant que je taillais le rosier sur la terrasse, le chat du voisin est venu se frotter à moi. Sympa, le chat, non ?

Par jean - Publié dans : hozo
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