Texte libre

la poésie à l’état pure :
Hozo
Extrait du Kledzé Hatal ou "Nuit des Chants" des indiens Navajos:
sur la piste marquée de pollen fasse que je marche
avec des sauterelles à mes pieds  fasse que je marche
avec la rosée à mes pieds fasse que je marche
avec la beauté fasse que je marche

la beauté devant moi fasse que je marche
la beauté derrière moi fasse que je marche
la beauté au-dessous de moi fasse que je marche
la beauté au-dessus de moi  fasse que je marche
la beauté tout autour de moi fasse que je marche

dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté avec un sentiment de vie fasse que je marche
dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté à nouveau vivant fasse que je marche
accompli dans la beauté
accompli dans la beauté
Jeudi 21 décembre 2006
Voilà. Au vu des dégâts occasionnés par l’enflure du Moi chez certains de nos collègues humains et le gâchis que ça occasionne sur notre vie,  j’ai décidé de monter un stage.
Il sera l’opposé des stages d’affirmations de la personnalité, des séminaires de motivation, et autres nombrilités exotiques.
Un stage d’humilité, quoi. Destiné à réapprendre à être :
1)      simple.
2)      A s’oublier un peu.
3)      A cesser d’entraîner les autres dans sa folie.
Si vous avez des idées de thèmes, d’ateliers, je suis preneur.
Croyez-vous qu’il y est un « marché porteur » pour cela ????
par jean publié dans : hozo
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Vendredi 8 décembre 2006
Voilà. Ça faisait un moment que ça le turlupinait. Ça avait commencé par une infection urinaire carabinée qui trainait en longueur. Des douleurs lancinantes dans son bras gauche.
Dernièrement, il ressentait une petite bosse sous son cuir chevelu, ça le gênait, ça l’irritait.
Il avait fini par aller voir le toubib. Mais il avait mis le temps. Le concept de maladie, c’était bon pour les autres. D’ailleurs, c’est bien connu, ça n’arrive qu’aux autres.
Radio, scanner.
Tiens Mr, c’est étrange, vous avez un trou dans le crâne… oh oui, ça lui avait paru étrange. On l’avait envoyé chez un spécialiste : le diagnostic n’était pas rassurant… selon la formule consacrée.
Mais paradoxalement, il se sentait mieux maintenant qu’il «savait».
Il était sur son terrain. C’est un homme d’action, lui, l’a peu près, le doute, le flou, le questionnement le plonge dans un monde effrayant qu’il n’appréhende même pas.
Mais bon, dès que les choses sont clarifiées, son sens de l’organisation reprend le dessus.
C’est juste un combat, avec un objectif et des moyens à mettre en œuvre pour y parvenir.
Commence la longue attente des visites, contre-visites, traitements.
D’un coup, son âge lui apparait. L’éphémère, l’impermanence, la mort, le temps qui passe sont des choses qu’il est obligé, pour la première fois de sa vie, de prendre en compte.
 
par jean publié dans : hozo
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Mercredi 6 décembre 2006
J’en reviens à mon idée première : qu’est-ce-que je fous là ??
Sur ce blog. Sur le Net. Fausse porte ouverte vers un autre possible…
Il y en a qui croit que c’est la porte ouverte à l’expression de leur désir les plus inavouables, d’autres que ça va les mener vers des mondes inconnus, d’autres vers des vérités.
Balivernes. C’est comme le reste. Une vitrine sans rien derrière. Où l’illusion se paye au prix fort. De la pub partout, à tour de bras. Des infos accessibles… si vous payez.
Des pages remplies de choses qu’on arrive pas à lire tellement le média s’y prête mal (et oui, ça n’est pas un livre). Des bouts de vie rêvée, des lambeaux de vie magnifiée.
Une impression de pouvoir exprimer autre chose. Mais une impression seulement.
Sensation de pouvoir toucher le monde en un clic de souris. Et pourtant, toujours, cette parfaite indifférence de l’autre au quotidien.
Je vais faire un blog à rebours. Je vais lui enlever, jour après jour, un bout de contenu, jusqu’à qu’il ne soit plus qu’une page vide.
Révéler ma terrible inconsistance d’homme.
Etres humains, je préférerais vous toucher, vous voir, vous écouter plutôt que de vous imaginez comme on peut imaginer un rêve.
par jean publié dans : hozo
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Lundi 27 novembre 2006
 
Mort=100 (soyons généreux !);
Age=0 ;
 
Tant que Age <= Mort
Je me lève,
Je fais mes besoins,
Je fais ma toilette,
Je déjeune,
Je m’habille,
Je pars au travail,
Je croise des gens,
Je mange à midi,
Je reprends mon travail,
Je sors du boulot,
    Si la maison est sale Alors
        Je fais mon ménage
                Fin Si
Je prépare le souper,
                Cas où Fatigué Alors        
                    1) Je bouquine
        2) je mate la télé
                Fin Cas où
                Si en rut,
                       Je baise,
                Fin Si
            Je dors.
Age=Age+1 ;
Fin Tant Que.  
par jean publié dans : hozo
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Mercredi 22 novembre 2006
Je suis au travail, sur un autre site, dans un local informatique aseptisé, plafond bas, néons, dans la zone industrielle.
Par la fenêtre, cependant, je vois une colline de terre, vieux cône de rejet volcanique, chatoyant des couleurs automnales, rouges, jaunes, rouilles sous un ciel bleu dégagé, limpide et pur. Quelle est la réalité ??
La réalité… c’est la relation complexe que j’entretiens avec autrui dans une société de performances, faites de services à rendre, d’objectifs à atteindre, d’attitudes codifiées ?
Ou bien la réalité, est-ce cette colline qui défie le temps, plantée de manière incongrue, au milieu de bâtiments fonctionnels ?? Mais après tout, est-ce bien elle qui est incongrue ? Elle était là avant tout ça.
Et si c’était tout ce que nous construisons qui étaient incongru en ce monde ? On finit par penser qu’on fait partie du décor, qu’on est le thème central du décor.
Mais ça n’est pas vrai, tout comme les dinosaures, nous passerons.
Et cette colline sera encore là…
Cette colline se dresse-là, depuis des millénaires, alors que tout ici n’était que plaine.
Cette colline se dressera encore le jour où cette zone ne sera plus que ruine, peut-être…
Au moment où je reprends le stylo (le clavier…) le jour baisse et les couleurs ont encore changées, une teinte rosée envahie le paysage, posé comme un glacis.
La seule chose qui me rassure dans cette vie écrabouillée de doutes, qui parfois me pèse et dont je ne comprends pas toujours les règles, c’est que la poésie ne nous quitte jamais. Même au milieu d’un tas de fumier, notre attention est encore attirée par une fleur, une lumière, une couleur. Quand tout n’est que bavardage incessant sur les projets, les objectifs, les problèmes à résoudre, une mouche voletant autour d’une tasse de café peut nous absorber et rapidement nous projeter ailleurs…
Je dis «nous» pour ne pas dire «je», pour ne pas me démarquer du lot, car je fais partie du grand cirque, moi aussi … Mais franchement, dans ce nous, combien voit les choses autrement qu’à travers le prisme de tout ce qu’ils y projettent ?
 
par jean publié dans : hozo
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