Texte libre

la poésie à l’état pure :
Hozo
Extrait du Kledzé Hatal ou "Nuit des Chants" des indiens Navajos:
sur la piste marquée de pollen fasse que je marche
avec des sauterelles à mes pieds  fasse que je marche
avec la rosée à mes pieds fasse que je marche
avec la beauté fasse que je marche

la beauté devant moi fasse que je marche
la beauté derrière moi fasse que je marche
la beauté au-dessous de moi fasse que je marche
la beauté au-dessus de moi  fasse que je marche
la beauté tout autour de moi fasse que je marche

dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté avec un sentiment de vie fasse que je marche
dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté à nouveau vivant fasse que je marche
accompli dans la beauté
accompli dans la beauté

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Lundi 14 mai 2007
Laissez-moi vous raconter une petite histoire édifiante. On pourrait la considérer sous divers angles : rigolote, ridicule ou désespérante.
A l’heure où l’on parle de réchauffement climatique, de pénurie possible d’eau, de conflits même liés à la rareté, cette petite histoire prend tout son sens.
Il se trouve qu’à cause du peu de pluie et des chaleurs exceptionnelles pour la saison, l’eau fait déjà défaut à certains endroits. L’Auvergne n’est pas véritablement le département le plus mal loti, il n’empêche.
Le puit de mon père est quasiment à sec, ce qui n’est jamais arrivé. Il ne descend pas très profond, ceci explique peut-être cela. Le fait est que c’est exceptionnel.
Ce puit se trouve sur une parcelle de terrain divisée en plusieurs jardinets.
Chaque jardinet à un puit, certains plus profonds que d’autres se trouvent donc moins touchés par le manque d’eau. Du jour au lendemain, la réserve d’eau s’y refait sans problème.
En fait, ces puits n’appartiennent à personne en particulier et chacun peut y puiser de l’eau.
Mais voilà : l’eau manque et les fourmis ne sont pas prêteuses.
J’avais trouvé étrange, l’autre jour, de voir que le voisin avait clos son puit et empiler de grosses pierres dessus. J’en demande la raison à mon père, celui-ci me répond que c’est pour empêcher les gens de venir y puiser de l’eau.
Mon père m’explique qu’il a eu beau dire que ces puits étaient disponibles pour tout un chacun, rien n’y a fait. Le voisin estime que ce puit est à son usage, dialogues de sourd, impossibilité de s’entendre, engueulade, bref, rien n’y fait.
Bien sûr, on a pu détourner le problème. Ce voisin ne venant que le matin, il suffit d’aller puiser l’eau le soir, de tout remettre en place. La réserve se refait et il n’y voit que du feu.
Il y a d’ailleurs gros à parier qu’il n’est pas dupe et sait très bien qu’on s’y sert, mais c’est comme ça. Il a défini qu’il était à son usage.
Et encore, je le répète, l’eau ne fait pas défaut et tout le monde peut en bénéficier.
Alors, imaginer des ethnies entières en manque de cette ressource aussi primordiale… guerres et conflits assurées.
J’ai beau me creuser la tête, je ne comprends pas cette incapacité à partager tellement ancrée dans l’esprit humain.
Peur du manque ? Peur de l’autre ? Exacerbation du sentiment de pouvoir par le fait de posséder quelque chose que n’a pas l’autre ?
Comme d’habitude, il y a les belles idées, les belles idéologies sur l’humanité. Sauf que sur le terrain, ça n’est jamais qu’une affaire de pouvoir et de conflit. Qu’est-ce-qui peut pousser un/des hommes à partager, construire avec un/des autres hommes ?? Plus fort que soi, bien souvent, une main de fer qui s’abat et décide qu’un tel doit s’entendre avec un tel. Un arbitrage. Rarement une remise en question de son attitude propre et des implications de celle-ci sur la suite.
Et là, je ne vous cause même pas des justifications idéologiques ou religieuses. La sagesse n’est pas humaine.
Par jean - Publié dans : hozo
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Vendredi 11 mai 2007
Je n’ai plus grand-chose à dire… mais beaucoup à faire.
Par jean - Publié dans : hozo
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Lundi 7 mai 2007
20h00 : machin a gagné, machine a perdu…
« On a gagné, on a gagné », drapeaux, foule de jeunes hystériques, ambiance match de foot. Le cirque.
Journalistes-commentateurs posant des questions ridicules, interrompant les intervenants pour montrer la course-poursuite de la voiture du nouveau président, peoples en liesse à la télé, ils sont tous là : Douillet, Enrico Macias, Johnny Hallyday, Christian Clavier…
Visages étrangement fermés des portes-flingues de Sarkozy : comme s’ils comprenaient brusquement, quelque part au fond d’eux-mêmes, qu’après avoir savonner la planche à tout le monde, ça allait être leur tour.
Bernard Tapie, roi de l’arnaque et du retournement de veste, invité à la télé.
Eléphants du PS, revanchards, en embuscade après avoir tout fait pour mettre des bâtons dans les roues de la candidate.
Des jeunes qui veulent du fric.
Des vieux qui veulent des flics.
Des patrons qui veulent le beurre, l’argent du beurre, et, si, possible, la crémière aussi.
Des nantis qui ne veulent plus payer d’impôts.
Des gens qui travaillent déjà plus sans gagner plus.
Les autres qui se précarisent,
La solidarité qui s’effiloche, le moi d’abord qui s’installe.
Un président qui sort du Fouquet’s…
Nausée…
 
Par jean - Publié dans : hozo
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Vendredi 4 mai 2007
Je suis désolé : je n’arrive pas à m’y faire. Je n’arrive même pas à envisager l’once d’un début d’adhésion. Au contraire, plus il se la joue cool, plus je m’en méfie.
C’est quand même terrible d’avoir un tel rejet d’un individu. C’est dérangeant. Tout un système : il y a l’individu, ceux qui adhère à l’individu, par intérêt personnel ou se reconnaissant dans sa manière d’être. Cette agressivité constamment retenue.
Peut-être ai-je trop cherché à comprendre, à savoir, à évaluer. C’est vrai, visiblement, la majeure partie des gens s’en tiennent à une « perception hémiplégique », voyant ce qu’ils veulent bien voir, niant le reste.
C’est pourtant pas faute de trouver des infos (malgré l’étrange complaisance dont il bénéficie).
Je crois surtout, homme de scission et manichéen jusqu’à la caricature qu’il est, qu’il a su entrer en résonnance avec le petit fond boueux de l’âme humaine.
Jalousie, rejet de l’autre, de la différence, affirmation de l’intolérance, jugements hâtifs et définitifs sur les bons et les mauvais, les travailleurs et les assistés. Cette espèce de pensée nauséeuse qui a fait le bonheur de la pensée bourgeoise française, atteignant son paroxysme sous le vichysme. La voilà qui revient en force.
Bon, il y avait déjà l’Autre pour proférer ce type de choses. Mais il n’était vraiment pas présentable, vraiment trop extrême. Celui-ci, au contraire, porte haut les couleurs de cette France-là.
Et si, en fait, ça avait toujours été là, latent… quand ça va bien, on n’y fait pas attention, mais dès que les choses se gâtent, ça se déchaîne !!
Tout ça, ça fait un peu sauve qui peut (moi d’abord, les autres). Le triomphe du Moi.
Affaire à suivre…
Par jean - Publié dans : hozo
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Vendredi 6 avril 2007
Ce matin, j’ai failli ne pas m’arrêter au stop… j’ai été « subjugué » par un lever de soleil magnifique. Une grosse boule dans les tons roses-orangés se détachait nettement dans le ciel.
Rien de ce que nous ferons, nous, êtres humains, ne sera jamais à la hauteur de cette beauté-là.
Parce qu’elle est accidentelle, ne sert à rien, ne cherche rien, n’a aucune vocation. Elle nait spontanément et ne dure pas. Ne se prend pas, ne se garde pas, ne se possède pas.
Une beauté qui vous prend, comme un coup de poing dans le plexus et qui vous donne envie de chanter.
Pas étonnant que la plupart des peuples aient salué le soleil par des chants.
Nous passons dans nos cages roulantes en métal pour aller au travail, obsédés par ce qui nous tourne dans la tête sans voir cette beauté. Où la percevoir d’un œil distrait. Obsédés par ce deuxième monde virtuel que nous avons créé dans nos têtes.
Nous nous sommes à jamais dissocier de ce rythme cosmique.
Est-ce un bien ou un mal ?? pas de réponse à cela, si n’est un avis personnel qui n’a aucune validité puisque nait de nos conditionnements respectifs. Et tellement centré sur «nous». C’est comme ça, c’est l’homme, c’est tout.
Nous sommes des prédateurs. Nos prédations ont agressés le monde, nous nous sommes agressés « les uns, les autres ».
Nous voulons, c’est tout. C’est notre moteur principale, vouloir. Vouloir plus, vouloir l’autre,
Vouloir ce qu’a l’autre, vouloir autre chose. Mais vouloir pour exister.
Le syndrome du colon. J’arrive, je chasse les autres, je mets des clôtures, et je décrète que c’est «ma terre», que personne ne doit la fouler.
Je défends ma terre, je tue parfois l’autre pour cette idée de défendre «mon bien».
Tout nos problèmes ne sont que les résultats de ce «vouloir». Ce vouloir est le terreau duquel naît toute notre frustration, notre brutalité.
Laissez-vous aller, abandonnez-vous un peu au temps qui passe et vous sentirez ce relâchement, vous sentirez cette part de vous bien concrète (votre corps) se détendre.
Désirez, espérer, et vous sentirez la tension revenir. Quelque soit le désir, ou l’espoir.
Y’a pas photo !
 
 
Par jean - Publié dans : hozo
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