Le travail…
Je ne sais pas vous, mais c’est assez fatigant à la fin d’entendre cette ritournelle qui nous nous chante qu’il n’y a que le travail et la réussite, qu’il faut travailler plus pour gagner plus, etc…
Il y a eu une époque où cela pouvait encore faire illusion, mais, aujourd’hui, cela nous ferait rire si ça ne cachait pas de tristes arrières-pensées.
Ok, on a besoin d’avoir de l’argent pour manger, se loger, s’abriter, participer à la richesse du pays en payant des impôts par exemple.
Encore, faut-il en avoir un, travail. Et qui s’inscrive dans la durée…
En fait, ça intéresse qui, aujourd’hui, que les gens travaillent plus ??? l’Etat, pour ses rentrées fiscales, là encore, on peut facilement considérer que ça rentre dans notre rôle de citoyens. Ça intéresse les gens qui vivent et gagnent de l’argent sur le « dos » du travail.
Sinon, ça veut dire quoi ? travailler plus pour gagner plus d’argent ????? je ne sais pas où ils ont vu ça. Personnellement, les heures en plus sont pour ma pomme, et peu souvent récupérables. De plus, travailler plus, c’est encore boucher un peu plus l’accès au travail pour les autres. Faire des études plus longues ? être sur-diplômés ? désolé, ça n’est vraiment pas garant d’avoir un emploi intéressant, stable et correct à la sortie. Au contraire, c’est la dépression et la déprime assurée quand on arrive sur le « marché du travail ». Avec des conséquences psychologiques qui peuvent être lourdes, on en prend peut-être pas assez la mesure (où plutôt, on ne veut pas le voir).
Pire que ça. On a prouvé par A+B aux générations qui arrivent que le seul moyen de gagner de l’argent, c’était de faire bosser les autres et de spéculer sur le travail. Moins de chercheurs, moins d’artistes, moins de philosophes, moins de techniciens, mais plus de commerciaux, de managers, de spéculateurs en herbe.
De plus, peut-on juger quelqu’un uniquement à l’aune de son travail ? je connais quelques personnes rétives au travail (quoique travailleuses, étrange paradoxe…), qui sont intelligentes, intéressantes et tout à fait estimables.
D’autres qui passent leur vie de réunions en réunions dinatoires, qui cumulent des fonctions de représentativité en veux-tu en voilà (alors que je ne sais pas vous, mais moi, mener déjà deux tâches en même temps c’est pas évident).
Cassons une vérité : on peut être dirigeant et branleur (les heures ne font pas le travail, la représentativité s’accompagnent souvent d’une armée de techniciens, qui prennent, eux, en charge les dossiers sur le fond).
Je connais des artistes peintres, des musiciens qui, bien qu’étant hors du circuit traditionnel, passent des heures et des heures à faire des gammes et à jouer ou bien à peindre à la chaîne pour vivoter.
Je me méfie des « valeurs ». Elles viennent souvent à point nommer pour justifier des idéologies. Des bulles créées de toutes pièces par des gens intéressés qui vous disent après : « voilà, ça c’est la réalité ».
Alors que ça n’est qu’une bulle, pas plus réelle qu’une autre bulle.
Et ce non-sens qui consiste à dire qu’il va falloir travailler plus et plus longtemps pour payer les cotisations sociales alors qu’il n’y a AUCUN MOYEN de travailler correctement. Vaste escroquerie. Enorme schizophrénie.
La seule réalité qui vaille, c’est que l’on a besoin de travailler à minima pour fonctionner dans cette société. Pour payer sa nourriture, se loger, se vétir, s’acheter de quoi se cultiver.
Et se dégager du temps pour rêfléchir à la manière dont vont les choses et comment les améliorer.
Mais peut-être est-ce cela le but désiré : que les gens soient tellement absorbés par l’angoisse du lendemain, qu’ils en oublient ou qu’ils n’aient plus le temps de réfléchir sur leur humanité.
Comme au Moyen-âge. En fait de rupture, ça sent plutôt la régression et c’est porteur de tous les germes de violences et de menaces.
Restons sur le qui-vive.
En Inde, il y a des gens qu’on appelle les sadhous. Ils se baladent à moitié nus, ne font rien, ont renoncé à toutes les règles sociales pour vivre hors du monde, hors du temps, hors caste. En Occident, ce sont des fous, en Inde, des sages. Il n’est pas rare de voir des gens d’un certain niveau social se mettre à genoux pour leur baiser les pieds en signe de respect. Ça vaut ce que ça vaut, question de perceptions, de culture.
Il y a plein d’options de société possible, s’en est une, ici, s’en est une autre. Il n’y a pas une vérité. Il n’y a, bien souvent, que des gens qui ont intérêt à ce que telle ou telle vérité soit la règle.