Texte libre

la poésie à l’état pure :
Hozo
Extrait du Kledzé Hatal ou "Nuit des Chants" des indiens Navajos:
sur la piste marquée de pollen fasse que je marche
avec des sauterelles à mes pieds  fasse que je marche
avec la rosée à mes pieds fasse que je marche
avec la beauté fasse que je marche

la beauté devant moi fasse que je marche
la beauté derrière moi fasse que je marche
la beauté au-dessous de moi fasse que je marche
la beauté au-dessus de moi  fasse que je marche
la beauté tout autour de moi fasse que je marche

dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté avec un sentiment de vie fasse que je marche
dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté à nouveau vivant fasse que je marche
accompli dans la beauté
accompli dans la beauté
Vendredi 4 mai 2007
Je suis désolé : je n’arrive pas à m’y faire. Je n’arrive même pas à envisager l’once d’un début d’adhésion. Au contraire, plus il se la joue cool, plus je m’en méfie.
C’est quand même terrible d’avoir un tel rejet d’un individu. C’est dérangeant. Tout un système : il y a l’individu, ceux qui adhère à l’individu, par intérêt personnel ou se reconnaissant dans sa manière d’être. Cette agressivité constamment retenue.
Peut-être ai-je trop cherché à comprendre, à savoir, à évaluer. C’est vrai, visiblement, la majeure partie des gens s’en tiennent à une « perception hémiplégique », voyant ce qu’ils veulent bien voir, niant le reste.
C’est pourtant pas faute de trouver des infos (malgré l’étrange complaisance dont il bénéficie).
Je crois surtout, homme de scission et manichéen jusqu’à la caricature qu’il est, qu’il a su entrer en résonnance avec le petit fond boueux de l’âme humaine.
Jalousie, rejet de l’autre, de la différence, affirmation de l’intolérance, jugements hâtifs et définitifs sur les bons et les mauvais, les travailleurs et les assistés. Cette espèce de pensée nauséeuse qui a fait le bonheur de la pensée bourgeoise française, atteignant son paroxysme sous le vichysme. La voilà qui revient en force.
Bon, il y avait déjà l’Autre pour proférer ce type de choses. Mais il n’était vraiment pas présentable, vraiment trop extrême. Celui-ci, au contraire, porte haut les couleurs de cette France-là.
Et si, en fait, ça avait toujours été là, latent… quand ça va bien, on n’y fait pas attention, mais dès que les choses se gâtent, ça se déchaîne !!
Tout ça, ça fait un peu sauve qui peut (moi d’abord, les autres). Le triomphe du Moi.
Affaire à suivre…
par jean publié dans : hozo
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Vendredi 6 avril 2007
Ce matin, j’ai failli ne pas m’arrêter au stop… j’ai été « subjugué » par un lever de soleil magnifique. Une grosse boule dans les tons roses-orangés se détachait nettement dans le ciel.
Rien de ce que nous ferons, nous, êtres humains, ne sera jamais à la hauteur de cette beauté-là.
Parce qu’elle est accidentelle, ne sert à rien, ne cherche rien, n’a aucune vocation. Elle nait spontanément et ne dure pas. Ne se prend pas, ne se garde pas, ne se possède pas.
Une beauté qui vous prend, comme un coup de poing dans le plexus et qui vous donne envie de chanter.
Pas étonnant que la plupart des peuples aient salué le soleil par des chants.
Nous passons dans nos cages roulantes en métal pour aller au travail, obsédés par ce qui nous tourne dans la tête sans voir cette beauté. Où la percevoir d’un œil distrait. Obsédés par ce deuxième monde virtuel que nous avons créé dans nos têtes.
Nous nous sommes à jamais dissocier de ce rythme cosmique.
Est-ce un bien ou un mal ?? pas de réponse à cela, si n’est un avis personnel qui n’a aucune validité puisque nait de nos conditionnements respectifs. Et tellement centré sur «nous». C’est comme ça, c’est l’homme, c’est tout.
Nous sommes des prédateurs. Nos prédations ont agressés le monde, nous nous sommes agressés « les uns, les autres ».
Nous voulons, c’est tout. C’est notre moteur principale, vouloir. Vouloir plus, vouloir l’autre,
Vouloir ce qu’a l’autre, vouloir autre chose. Mais vouloir pour exister.
Le syndrome du colon. J’arrive, je chasse les autres, je mets des clôtures, et je décrète que c’est «ma terre», que personne ne doit la fouler.
Je défends ma terre, je tue parfois l’autre pour cette idée de défendre «mon bien».
Tout nos problèmes ne sont que les résultats de ce «vouloir». Ce vouloir est le terreau duquel naît toute notre frustration, notre brutalité.
Laissez-vous aller, abandonnez-vous un peu au temps qui passe et vous sentirez ce relâchement, vous sentirez cette part de vous bien concrète (votre corps) se détendre.
Désirez, espérer, et vous sentirez la tension revenir. Quelque soit le désir, ou l’espoir.
Y’a pas photo !
 
 
par jean publié dans : hozo
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Mardi 3 avril 2007

Hier, enfin sorti de ma léthargie. Pris les graines et suis allé au jardin. Bêché, biné, planté des petits pois, des radis, des carottes et des salades. Voilà, enfin, je l’ai fait.

J’ai lutté fortement contre ce boulot qui s’immisce dans les moindres recoins de mon esprit, et j’y suis allé. Ce boulot qui me, qui nous suce la moelle et l’énergie comme une sangsue.

Travailler plus pour gagner plus. Chantes, beau merle.

Assez d’entendre le medef et les accros de la tune et de la gloire me chantait les louanges du libéralisme.

Où est passé le siècle des Lumières ? Où sont passés les humanistes ?

Il ne faisait pas chaud du tout. Ça caillait à mort, même. Il y a encore de la neige sur les montagnes.

Ce matin, les reins en compote. Ces efforts ne sont plus pour nous, hommes (et femmes) du siècle des technologies.

Juste bon à être musclé des poignets, à force de taper sur un ordi. A être musclé des neurones, à force de trop penser, gamberger, stresser.

Travailler plus. Non mais… alors qu’il y a tant de gens qui demandent un peu de travail. Ça a visiblement gelé dans leur cerveau, à tous ces donneurs de leçon (j’aimerais bien voir l’épaisseur du cal qu’ils ont dans les mains, à ce propos). A moins que ce soit leur esprit qui soit calcifié…

Et ça se prétend porteurs d’idées d’avenir…
par jean publié dans : hozo
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Jeudi 22 mars 2007

Chinois et datant du 8ème siècle :

L'homme travailleur se tue à la tâche,

L'homme intelligent ne cesse de se tourmenter,

L'homme insouciant se promène librement.

Cool, non ?

par jean publié dans : hozo
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Mercredi 21 mars 2007
Le travail…
Je ne sais pas vous, mais c’est assez fatigant à la fin d’entendre cette ritournelle qui nous nous chante qu’il n’y a que le travail et la réussite, qu’il faut travailler plus pour gagner plus, etc…
Il y a eu une époque où cela pouvait encore faire illusion, mais, aujourd’hui, cela nous ferait rire si ça ne cachait pas de tristes arrières-pensées.
Ok, on a besoin d’avoir de l’argent pour manger, se loger, s’abriter, participer à la richesse du pays en payant des impôts par exemple.
Encore, faut-il en avoir un, travail. Et qui s’inscrive dans la durée…
En fait, ça intéresse qui, aujourd’hui, que les gens travaillent plus ??? l’Etat, pour ses rentrées fiscales, là encore, on peut facilement considérer que ça rentre dans notre rôle de citoyens. Ça intéresse les gens qui vivent et gagnent de l’argent sur le « dos » du travail.
Sinon, ça veut dire quoi ? travailler plus pour gagner plus d’argent ????? je ne sais pas où ils ont vu ça. Personnellement, les heures en plus sont pour ma pomme, et peu souvent récupérables. De plus, travailler plus, c’est encore boucher un peu plus l’accès au travail pour les autres. Faire des études plus longues ? être sur-diplômés ? désolé, ça n’est vraiment pas garant d’avoir un emploi intéressant, stable et correct à la sortie. Au contraire, c’est la dépression et la déprime assurée quand on arrive sur le « marché du travail ». Avec des conséquences psychologiques qui peuvent être lourdes, on en prend peut-être pas assez la mesure (où plutôt, on ne veut pas le voir).
Pire que ça. On a prouvé par A+B aux générations qui arrivent que le seul moyen de gagner de l’argent, c’était de faire bosser les autres et de spéculer sur le travail. Moins de chercheurs, moins d’artistes, moins de philosophes, moins de techniciens, mais plus de commerciaux, de managers, de spéculateurs en herbe.
De plus, peut-on juger quelqu’un uniquement à l’aune de son travail ? je connais quelques personnes rétives au travail (quoique travailleuses, étrange paradoxe…), qui sont intelligentes, intéressantes et tout à fait estimables.
D’autres qui passent leur vie de réunions en réunions dinatoires, qui cumulent des fonctions de représentativité en veux-tu en voilà (alors que je ne sais pas vous, mais moi, mener déjà deux tâches en même temps c’est pas évident).
Cassons une vérité : on peut être dirigeant et branleur (les heures ne font pas le travail, la représentativité s’accompagnent souvent d’une armée de techniciens, qui prennent, eux, en charge les dossiers sur le fond).
Je connais des artistes peintres, des musiciens qui, bien qu’étant hors du circuit traditionnel, passent des heures et des heures à faire des gammes et à jouer ou bien à peindre à la chaîne pour vivoter.
Je me méfie des « valeurs ». Elles viennent souvent à point nommer pour justifier des idéologies. Des bulles créées de toutes pièces par des gens intéressés qui vous disent après : « voilà, ça c’est la réalité ».
Alors que ça n’est qu’une bulle, pas plus réelle qu’une autre bulle.
Et ce non-sens qui consiste à dire qu’il va falloir travailler plus et plus longtemps pour payer les cotisations sociales alors qu’il n’y a AUCUN MOYEN de travailler correctement. Vaste escroquerie. Enorme schizophrénie.
La seule réalité qui vaille, c’est que l’on a besoin de travailler à minima pour fonctionner dans cette société. Pour payer sa nourriture, se loger, se vétir, s’acheter de quoi se cultiver.
Et se dégager du temps pour rêfléchir à la manière dont vont les choses et comment les améliorer.
Mais peut-être est-ce cela le but désiré : que les gens soient tellement absorbés par l’angoisse du lendemain, qu’ils en oublient ou qu’ils n’aient plus le temps de réfléchir sur leur humanité.
Comme au Moyen-âge. En fait de rupture, ça sent plutôt la régression et c’est porteur de tous les germes de violences et de menaces.
Restons sur le qui-vive.
En Inde, il y a des gens qu’on appelle les sadhous. Ils se baladent à moitié nus, ne font rien, ont renoncé à toutes les règles sociales pour vivre hors du monde, hors du temps, hors caste. En Occident, ce sont des fous, en Inde, des sages. Il n’est pas rare de voir des gens d’un certain niveau social se mettre à genoux pour leur baiser les pieds en signe de respect. Ça vaut ce que ça vaut, question de perceptions, de culture.
Il y a plein d’options de société possible, s’en est une, ici, s’en est une autre. Il n’y a pas une vérité. Il n’y a, bien souvent, que des gens qui ont intérêt à ce que telle ou telle vérité soit la règle.
 
par jean publié dans : hozo
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