Texte libre

la poésie à l’état pure :
Hozo
Extrait du Kledzé Hatal ou "Nuit des Chants" des indiens Navajos:
sur la piste marquée de pollen fasse que je marche
avec des sauterelles à mes pieds  fasse que je marche
avec la rosée à mes pieds fasse que je marche
avec la beauté fasse que je marche

la beauté devant moi fasse que je marche
la beauté derrière moi fasse que je marche
la beauté au-dessous de moi fasse que je marche
la beauté au-dessus de moi  fasse que je marche
la beauté tout autour de moi fasse que je marche

dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté avec un sentiment de vie fasse que je marche
dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté à nouveau vivant fasse que je marche
accompli dans la beauté
accompli dans la beauté
Mardi 5 juin 2007
Un peu fatigué de cette apologie de la « course » qui fait notre quotidien ces temps-là, je me suis remis à lire, ces derniers temps, la vie de bouddha et des maîtres zen. Ainsi que les entretiens d’U.G Krishnamurti, grand démolisseur de certitudes s’il en est.
Franchement, passer son temps à méditer et à s’introspecter, à accepter la vie comme elle vient sans la peser à l’aune du bon et du mauvais, du fort et du faible, du bien et du mal, en rejetant toute notion de Destin ou de Dieu : vous imaginez la place qu’ils auraient eu dans notre société, ces gars-là ?
Et pourtant, et pourtant….
« Le sot franchi des montagnes et des océans, repoussant sans cesse le moment de se trouver. 
Le sage s’étant trouvé, voyage autant en restant assis dans son coin « 
Mais qu’ont-ils donc tous à vouloir changer le monde pour régler leur propre problème ?
D’ailleurs, plus ils veulent changer le monde, plus ils le rendent invivables. Cette manie de s’inventer un Destin pour éviter d’avoir à regarder son petit problème d’ego. Nous avons l’art, en Occident, de confier la direction des affaires à des gens qui ne cesse de la détourner à leur profit ou à celui de leurs pairs.
Dans la mesure où le questionnement personnel est considéré comme inutile (et en tout cas, de toute manière pas dans notre bagage culturel, et pas près d’y être, si j’en crois les derniers évènements…), il est de bon ton de s’en remettre à un « Démiurge », chargé de prendre en main notre destinée. Un bulletin de vote, une adhésion à un parti et hop !!! je m’en frotte les mains, à toi de faire le boulot maintenant que je t’ai élu.
Tu parles d’une aubaine pour tous les arrivistes et autres accros au pouvoir.
Pas trop de recherches existentielles. Des slogans simples, courts, allant dans le sens de ce qu’on désire et voilà l’affaire emballée. Ça s’appelle le populisme, je crois. Et ça se construit sur la démission de l’esprit critique.
Tant que j’ai mon match de foot, ma bagnole et de quoi consommer, après tout, n’est-ce-pas là ce que demande la plupart des êtres humains ??? après tout, ça devrait être faisable.
Même pas !! au contraire, il faut agiter la carotte, mais aussitôt donner le bâton. Tu veux consommer ?? et bien vas-y, travailles. Oui, mais voilà, je ne trouve pas de boulot. Et si j’en trouve d’aventure un, il est précaire !!!
De toute manière : il faut se méfier des gens qui se jettent partout, en général, ils font du boulot de sagouin !!!
 
 
par jean publié dans : hozo
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Lundi 21 mai 2007
Si l’on voulait une preuve de la nocivité de l’influence des médias sur l’esprit humain, on ne pourrait pas trouver mieux. Des années de frustration, d’envies déclenchées à grand renfort de matraquage publicitaire, triomphe des slogans courts, d’une presse de bazar vantant la réussite et l’argent de tel ou tel, une information orientée, ciselée, découpée. Des gamins déjà accros à la conso.
Et voilà le résultat : perte de tout esprit critique. Et ça n’est pas fini. Les publicistes et autres communicateurs se tournent déjà vers les neurosciences, espérant en tirer bénéfice pour le plus grand bien des pouvoirs en place.
Et la pensée calibrée, expertisée, calculée qui nous indique que tel ou tel système relève du rêve et de l’utopie et que la réalité se trouve là, ici, c’est prouvé mathématiquement. Que de toute manière, faut pas voter, les jeux sont faits, circulez, M’sieur, Dame.
Ils sont tous content : m’sieur Hulot est content, on lui a certifié qu’on allait s’occuper de sa planète. Les ouvriers d’EADS, on leur a certifié qu’on allait s’occuper de leur emploi, les riches sont content, on va défiscaliser. Le père Noël en a pour tout le monde dans sa hotte.
Merveilleux. Vous vous sentez mal aimé, votre petit ego est triste, vos amis de gauche n’évalue pas votre personnalité à sa juste grandeur, Mr Kouchner ??? Pas de problème, voilà un petit ministère. On se sent mieux ?
Vous voulez travailler plus pour gagner plus ?? Pas de problème !!! Vous pouvez travailler plus si vous voulez, pour gagner plus, il faudra voir au cas par cas…
Allons, Grands Enfants que vous êtes, laissez-moi vous prendre par la main et vous guidez vers l’Avenir, Ô vous qui êtes effrayés devant ce monde !!! Laissez-moi soigner vos egos frustrés.
La Révolution !! Mais une révolution de Droite, propre, en costard cravate.
Moi, ce que j’aime bien, c’est regarder les nichons des dames sur la plage. Mais chut, c’est pas correct de dire des choses comme ça. Je ferai mieux de penser à mon avenir, ma réussite, mon ambition, la bonne marche de mon entreprise.
par jean publié dans : hozo
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Lundi 14 mai 2007
Laissez-moi vous raconter une petite histoire édifiante. On pourrait la considérer sous divers angles : rigolote, ridicule ou désespérante.
A l’heure où l’on parle de réchauffement climatique, de pénurie possible d’eau, de conflits même liés à la rareté, cette petite histoire prend tout son sens.
Il se trouve qu’à cause du peu de pluie et des chaleurs exceptionnelles pour la saison, l’eau fait déjà défaut à certains endroits. L’Auvergne n’est pas véritablement le département le plus mal loti, il n’empêche.
Le puit de mon père est quasiment à sec, ce qui n’est jamais arrivé. Il ne descend pas très profond, ceci explique peut-être cela. Le fait est que c’est exceptionnel.
Ce puit se trouve sur une parcelle de terrain divisée en plusieurs jardinets.
Chaque jardinet à un puit, certains plus profonds que d’autres se trouvent donc moins touchés par le manque d’eau. Du jour au lendemain, la réserve d’eau s’y refait sans problème.
En fait, ces puits n’appartiennent à personne en particulier et chacun peut y puiser de l’eau.
Mais voilà : l’eau manque et les fourmis ne sont pas prêteuses.
J’avais trouvé étrange, l’autre jour, de voir que le voisin avait clos son puit et empiler de grosses pierres dessus. J’en demande la raison à mon père, celui-ci me répond que c’est pour empêcher les gens de venir y puiser de l’eau.
Mon père m’explique qu’il a eu beau dire que ces puits étaient disponibles pour tout un chacun, rien n’y a fait. Le voisin estime que ce puit est à son usage, dialogues de sourd, impossibilité de s’entendre, engueulade, bref, rien n’y fait.
Bien sûr, on a pu détourner le problème. Ce voisin ne venant que le matin, il suffit d’aller puiser l’eau le soir, de tout remettre en place. La réserve se refait et il n’y voit que du feu.
Il y a d’ailleurs gros à parier qu’il n’est pas dupe et sait très bien qu’on s’y sert, mais c’est comme ça. Il a défini qu’il était à son usage.
Et encore, je le répète, l’eau ne fait pas défaut et tout le monde peut en bénéficier.
Alors, imaginer des ethnies entières en manque de cette ressource aussi primordiale… guerres et conflits assurées.
J’ai beau me creuser la tête, je ne comprends pas cette incapacité à partager tellement ancrée dans l’esprit humain.
Peur du manque ? Peur de l’autre ? Exacerbation du sentiment de pouvoir par le fait de posséder quelque chose que n’a pas l’autre ?
Comme d’habitude, il y a les belles idées, les belles idéologies sur l’humanité. Sauf que sur le terrain, ça n’est jamais qu’une affaire de pouvoir et de conflit. Qu’est-ce-qui peut pousser un/des hommes à partager, construire avec un/des autres hommes ?? Plus fort que soi, bien souvent, une main de fer qui s’abat et décide qu’un tel doit s’entendre avec un tel. Un arbitrage. Rarement une remise en question de son attitude propre et des implications de celle-ci sur la suite.
Et là, je ne vous cause même pas des justifications idéologiques ou religieuses. La sagesse n’est pas humaine.
par jean publié dans : hozo
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Vendredi 11 mai 2007
Je n’ai plus grand-chose à dire… mais beaucoup à faire.
par jean publié dans : hozo
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Lundi 7 mai 2007
20h00 : machin a gagné, machine a perdu…
« On a gagné, on a gagné », drapeaux, foule de jeunes hystériques, ambiance match de foot. Le cirque.
Journalistes-commentateurs posant des questions ridicules, interrompant les intervenants pour montrer la course-poursuite de la voiture du nouveau président, peoples en liesse à la télé, ils sont tous là : Douillet, Enrico Macias, Johnny Hallyday, Christian Clavier…
Visages étrangement fermés des portes-flingues de Sarkozy : comme s’ils comprenaient brusquement, quelque part au fond d’eux-mêmes, qu’après avoir savonner la planche à tout le monde, ça allait être leur tour.
Bernard Tapie, roi de l’arnaque et du retournement de veste, invité à la télé.
Eléphants du PS, revanchards, en embuscade après avoir tout fait pour mettre des bâtons dans les roues de la candidate.
Des jeunes qui veulent du fric.
Des vieux qui veulent des flics.
Des patrons qui veulent le beurre, l’argent du beurre, et, si, possible, la crémière aussi.
Des nantis qui ne veulent plus payer d’impôts.
Des gens qui travaillent déjà plus sans gagner plus.
Les autres qui se précarisent,
La solidarité qui s’effiloche, le moi d’abord qui s’installe.
Un président qui sort du Fouquet’s…
Nausée…
 
par jean publié dans : hozo
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