Mardi 5 juin 2007
Un peu fatigué de cette apologie de la « course » qui fait notre quotidien ces temps-là, je me suis remis à lire, ces derniers temps, la vie de bouddha et des maîtres zen. Ainsi que les entretiens d’U.G Krishnamurti, grand démolisseur de certitudes s’il en est.
Franchement, passer son temps à méditer et à s’introspecter, à accepter la vie comme elle vient sans la peser à l’aune du bon et du mauvais, du fort et du faible, du bien et du mal, en rejetant toute notion de Destin ou de Dieu : vous imaginez la place qu’ils auraient eu dans notre société, ces gars-là ?
Et pourtant, et pourtant….
« Le sot franchi des montagnes et des océans, repoussant sans cesse le moment de se trouver.
Le sage s’étant trouvé, voyage autant en restant assis dans son coin «
Mais qu’ont-ils donc tous à vouloir changer le monde pour régler leur propre problème ?
D’ailleurs, plus ils veulent changer le monde, plus ils le rendent invivables. Cette manie de s’inventer un Destin pour éviter d’avoir à regarder son petit problème d’ego. Nous avons l’art, en Occident, de confier la direction des affaires à des gens qui ne cesse de la détourner à leur profit ou à celui de leurs pairs.
Dans la mesure où le questionnement personnel est considéré comme inutile (et en tout cas, de toute manière pas dans notre bagage culturel, et pas près d’y être, si j’en crois les derniers évènements…), il est de bon ton de s’en remettre à un « Démiurge », chargé de prendre en main notre destinée. Un bulletin de vote, une adhésion à un parti et hop !!! je m’en frotte les mains, à toi de faire le boulot maintenant que je t’ai élu.
Tu parles d’une aubaine pour tous les arrivistes et autres accros au pouvoir.
Pas trop de recherches existentielles. Des slogans simples, courts, allant dans le sens de ce qu’on désire et voilà l’affaire emballée. Ça s’appelle le populisme, je crois. Et ça se construit sur la démission de l’esprit critique.
Tant que j’ai mon match de foot, ma bagnole et de quoi consommer, après tout, n’est-ce-pas là ce que demande la plupart des êtres humains ??? après tout, ça devrait être faisable.
Même pas !! au contraire, il faut agiter la carotte, mais aussitôt donner le bâton. Tu veux consommer ?? et bien vas-y, travailles. Oui, mais voilà, je ne trouve pas de boulot. Et si j’en trouve d’aventure un, il est précaire !!!
De toute manière : il faut se méfier des gens qui se jettent partout, en général, ils font du boulot de sagouin !!!