Texte libre

la poésie à l’état pure :
Hozo
Extrait du Kledzé Hatal ou "Nuit des Chants" des indiens Navajos:
sur la piste marquée de pollen fasse que je marche
avec des sauterelles à mes pieds  fasse que je marche
avec la rosée à mes pieds fasse que je marche
avec la beauté fasse que je marche

la beauté devant moi fasse que je marche
la beauté derrière moi fasse que je marche
la beauté au-dessous de moi fasse que je marche
la beauté au-dessus de moi  fasse que je marche
la beauté tout autour de moi fasse que je marche

dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté avec un sentiment de vie fasse que je marche
dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté à nouveau vivant fasse que je marche
accompli dans la beauté
accompli dans la beauté

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Mercredi 4 juin 2008

Ainsi donc, il n’y a pas d’alternative possible : on accepte ce que l’on est, où l’on considère qu’il y a une vie à construire, un plus, un mieux, un autre, un but à atteindre qui nous amènera du bas vers le haut, de ce que l’on estime bas vers ce que l’on estime haut.

Je suis là et je pourtant je veux être ailleurs, et ce, à chaque instant de ma vie. Jamais je ne suis dans ma vie, toujours je suis dans un rêve de vie sublimé, autre. Toujours j’inscris ma vie dans le temps. Un passé pétrit d’expériences, de souvenirs, d’acquis culturels, sociaux me propulse dans un futur me privant de la case présent.

De toute manière, c’est la règle sociale. Ne pas m’y conformer fait de moi un marginal : un anti-social.

Il est humain de rêver mieux, de vouloir manger quand on crève de faim, de vouloir s’abriter quand on n’a pas de toit. C’est une autre que de rêver de gagner plus, d’avoir une plus grosse voiture, une plus grande bagnole, une plus belle femme, plus, plus, que ce que j’ai, actuellement, dans ma vie.

La question est : peut-on être simplement ce que l’on est ??? peut-on se regarder sans chercher à se juger à l’aune d’un modèle, sans fuir ce que l’on est, sans repousser ou sublimer ce que l’on trouve sombre en nous, sans vouloir être un autre. En finir avec ce paquet de certitudes et de jugements qui encroûte notre esprit ?

Peut-on, doit-on s’améliorer ?? Mais s’améliorer par rapport à quoi, quelle norme ?

Tout n’est que friction en nous, je me déteste, je me veux mieux, je me trouve pauvre, je me veux riche, toujours à dissiper notre énergie à nous combattre nous-mêmes… n’est-il pas possible de se dire : bon, je suis fainéant, je suis ainsi fait, pourquoi voudrais-je jouer au travailleur ? Je suis attiré par la luxure, je suis ainsi fait, pourquoi essayer de devenir un saint en contraignant ma nature, plutôt qu’en acceptant ce fait et par là-même, le désamorcer ? Certes, c’est un gain pour la société, cette « compression » que je m’impose, mais quel désastre sur un plan personnel.

La schizophrénie est partout : un tel se dit croyant et se comporte au quotidien comme un véritable tyran, telle autre s’habille de manière aguicheuse mais s’émeut du regard lourd porté sur elle par les hommes… nous sommes tous autres, comment voulez-vous que l’on s’y retrouve.

Regardez le bataillon de ces gens sinistres qui comptent, spéculent, entreprennent et ne sont pas capable de perdre leur regard 5 mn sur les nuages qui passent.

C’est nous ça ??? non, il y a tromperie sur la marchandise.

 

 

 

 

 

Par jean
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Mardi 13 mai 2008

Ainsi donc, je suis avide… probablement pas plus que la moyenne, mais tout bien considérer, je le suis aussi.

Et c’est normal, j’ai emmagasiné un tel tas de frustrations, désirs inassouvis, d’envies, de rêves que je ne peux qu’être avide. Mais ça n’est pas que des frustrations : ce qui a trop bien fonctionné me rend avide de revivre ces expériences…

Toujours à penser que je pourrais être mieux, plus grand, plus fort, plus séduisant. Toujours à imaginer que le passé était mieux, que le futur sera porteur d’espoir, que je tue par cette attitude même, à chaque instant, le présent et ses potentialités.

Mais, mes chers amis, pas plus, ni moins que vous. Nous sommes des êtres humains, et cette avidité même est notre marque de fabrique. Certains disent que non, qu’il y a moyen de s’en débarrasser, mais pas par la volonté, car se serait encore faire montre d’un « avide désir » de changer.

Les gros malins, c’est facile…

Les plus avides d’entre nous, sont ceux qui nous dirigent, politiques, financiers, hommes de toutes églises. Rongés qu’ils sont par leur avidité de pouvoir, de vertus. Oh, bien sûr, ils sont là pour la bonne cause, se mettre au service de leurs concitoyens, nous représenter…

Balivernes, ils sont là parce qu’ils ont un méga-problème d’ego à régler. Paradoxal, non ? Que les maîtres des choix de nos vies soient les plus avides ?

Non, pas vraiment, en tout cas, ça explique bien des choses.

Alors, je vous en prie : cessez de juger ou de vous raconter des histoires. Nous voulons tous plus, les riches nous font envies, la femme du voisin nous fait envie, être aussi beau ou belle que tel et tel star ou starlette nous fait envie. Et nous rend tellement malheureux. Avide d’être riche quand on est pauvre, avide d’être encore plus riche que le voisin quand on est déjà riche.

Animaux bien dressés qui ne cessent de réagir en fonction de tout ce qu’on nous a mis dans le crâne, (croyances, règles, etc…) et qui se racontent de belles histoires de libre-arbitre.

Vous me direz que certains de nos buts sont communs. Certes, mais la manière d’y parvenir varie en fonction de nos angles de vues respectifs… comment réussir l’union par l’addition des divisions ?

Grosse rigolade…

Par jean
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Jeudi 24 avril 2008
"Tôt le matin le Seigneur s’habilla, mit sa robe, prit son bol, et entra dans la grande ville de Sravasti pour aller chercher des aumônes. Après avoir mangé et être revenu de sa tournée, le Seigneur déposa son bol et sa robe, se lava les pieds, et s’assit sur le siège qui avait été préparé pour lui, croisant ses jambes, tenant son corps droit, et fixant consciemment son attention devant lui. "

Je me rappelle que la première fois où j'ai lu ce sutra, je me suis dit : "heureusement que des gens sont là pour le nourrir et lui préparer un siège pour sa méditation..."
Par jean
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Mardi 1 avril 2008

Pourrait être la fin de tous les maux…

Cultivons le silence et la retenue.

Non seulement on y trouve la paix et le calme,

Mais en plus

On évite de se raconter des histoires.

Par jean
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Lundi 17 mars 2008
Hier, j’ai passé un temps infini à regarder par la fenêtre les nuages défilaient assis sur mon rocking-chair. Un temps infini, car mon esprit était si vide, que rien ne s’y installait, hormis ces nuées qui se succédaient, m’emplissant le regard, la tête.
J’aime ces moments où il y a abolition du temps, abolition du soi, cette dilution magnifique.
Où ce que je suis, ce que je voudrais, ce que je dois ou non, n’a plus de sens, n’a plus lieu d’être.
La fontaine incessante des pensées se tarit l’espace d’un moment ainsi que toutes ces constructions mentales qui font souvent de nos existences, il faut le dire, un enfer.
Tout avait pourtant commencé dans le bouillonnement. Envie incontrôlable de peindre, sculpter, créer, évacuer ce trop-plein qui se pointe brutalement. Mais syndrome de la page blanche, impossibilité d’accoucher, quelle couleur, quelle nuance, quelle thème, quel portion de matière à ôter à cette pierre….
Et d’un coup, le vide absolu. S’asseoir et se diluer.
Pourquoi cette société ne sait-elle pas s’arrêter un instant ? S’arrêter de parler, d’échafauder, de se projeter, de désirer…
Pourquoi n’apprend-on pas le silence et sa qualité, l’immobilité, l’oubli ?
La plus belle des toiles et la toile blanche, car, ne limitant pas l’esprit à des formes, elle lui ouvre, bien au contraire, l’infini. Il en va de même pour la pierre brute.
Laissez un mur blanc dans la ville, il ne tardera pas à être taggé… pourquoi une telle peur devant le silence, le vide ?
Par jean
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