Texte libre

la poésie à l’état pure :
Hozo
Extrait du Kledzé Hatal ou "Nuit des Chants" des indiens Navajos:
sur la piste marquée de pollen fasse que je marche
avec des sauterelles à mes pieds  fasse que je marche
avec la rosée à mes pieds fasse que je marche
avec la beauté fasse que je marche

la beauté devant moi fasse que je marche
la beauté derrière moi fasse que je marche
la beauté au-dessous de moi fasse que je marche
la beauté au-dessus de moi  fasse que je marche
la beauté tout autour de moi fasse que je marche

dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté avec un sentiment de vie fasse que je marche
dans le vieil âge errant sur la piste de la beauté à nouveau vivant fasse que je marche
accompli dans la beauté
accompli dans la beauté
Lundi 25 février 2008
Déjà des amandiers en fleur. Plutôt précoce !! Il faut dire qu’il fait exceptionnellement doux, en ce moment. Le ciel est d’un bleu sans nuages. Curieux ce temps en février… Quand on repense à l’été pluvieux qu’on a eu… et qu’on aura encore probablement, c’est mon petit doigt qui me le dit.
D’où vient cette langueur qui envahit mon cœur ces derniers temps… l’âge ? La perte en cascade de plusieurs proches ? Le contexte social, mondial ? Probablement tout ça.
Je me sens comme une bûche desséchée, avec un goût de carton-pâte dans la bouche. Déprimé devant l’humanité (et j’en fais partie). Comme si cette intelligence, cette conscience dont nous sommes si fiers et, à-priori, les uniques dépositaires, n’était finalement qu’un piège dans lequel nous nous sommes à jamais empêtrés.
 Engendrant, certes des rêves de grandeur, d’humanisme, mais une réalité de pacotille, faite de violence, de concupiscence, de calculs, de mesquineries. A tous les niveaux. Pas du tout à la hauteur, quoi.
Probablement que, comme l’évoque « certains » en ce moment, si j’avais un peu de croyance en un dieu ma vie serait plus simple, je pourrais m’accrocher à l’espoir d’une vie meilleure.
Mais bon voilà, je suis vacciné contre la croyance.
 
Alors, recommencer à se diluer dans le surnaturel comme source de renaissance ainsi que semble le penser certains ? Le retour du Troupeau Aveugle.
 
Au contraire, il me semble urgent de ne plus espérer, mais de voir les choses comme elles sont. Dire « voir les choses comme elles sont », ça n’est pas dire « chacun pour sa peau et que les plus forts survivent », non. Voir les choses comme elles sont, se débarrasser des illusions que nous nous faisons sur nous-mêmes et qui sont sources de bien des maux.
Ça paraît quand même sacrément important de réfléchir sur les actions que l’on mène, leur portée, le pourquoi de celles-ci et leurs effets collatéraux !
Sacrément important, mais ça ne coule pas de sources… combien de conduites qui dérivent dans l’addiction pour compenser la fuite de cette remise en question.
 
J’aime me balader à la pause déjeuner, regarder la vie aller-et-venir. Au début, j’avais des scrupules à regarder les visages croisés. Mais bon, finalement, comme la plupart des gens ne regardent pas ce qui se passe autour d’eux, j’ai fini par le faire. Dur d’accrocher un regard, vers quel tréfonds d’eux-mêmes sont-ils tournés pour être à ce point absent du flot quotidien de la vie ?
 
 
par jean
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Lundi 11 février 2008
Je voudrais écrire, mais je ne peux pas écrire, je n’ai rien à dire, où peut-être est-ce ainsi, il n’y a plus rien à dire. De toute manière, rien de ce que l’on pourra dire, ne sera retenu comme valable (regardez le référendum sur la Constitution Européenne).
Après tout, les experts ont déjà tout dit, sur tout. Les micros et les caméras se sont tendus vers eux, donc, forcément, ils doivent avoir quelque chose d’intéressant à dire, non ? Circulez.
Rien à redire. Encore moins à médire.
Le monde est bien ainsi, continuons comme ça.
Il faut s’appeler le Dalaï-lama, Georges Clooney pour dire que le monde va mal, c’est tellement si peu évident, qu’il faut des sommités et des vedettes pour avoir le droit d’énoncer des évidences.
Allez à Davos demander de l’argent pour des pauvres, on vous rira au nez. Mais envoyez-y Sharon Stone, Bill Gates ou Bill Clinton, et là, pas de problème, vous aurez des fonds.
Pourtant, les pauvres sont les mêmes, non ?
Le darfour n’existe pas, tant que Clooney ou Kouchner n’y ont pas mis les pieds
Le Tibet existe le temps d’un discours du Dalaï-Lama à l’Onu, puis hop ! À la trappe.
Il dit : « on ne peut pas laisser faire cela «  dans un micro attaché à une cravate dont le prix suffirait à nourrir une centaine de miséreux.
Croyez-vous que l’heure soit plus juste sur une montre de base que sur une Rolex à 40000 balles ?
De toute manière, montre ou cravate sont les symboles de l’asservissement aux contraintes les plus dures de notre société : le temps (le timing) et la hiérarchie.
Donc, crions en cœur :
 
« A bas les montres et les cravates ».
 
 
 
par jean
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Mercredi 16 janvier 2008
 

Vous n’êtes plus là, et pourtant si présents,

Absents et parfois si encombrants,

Cachés, terrés au fin fond de notre mémoire,

Souvenirs en embuscade, n’attendant que l’instant où

L’esprit se relâchant, vous surgissez et nous terrassez en un éclair,

Nous abandonnant prostrés dans la douleur.

Ce fauteuil vide où l’on croit voir encore votre présence,

Ce banc où nous croyons parfois vous apercevoir,

Habitué comme nous le sommes à vous y avoir croisé si souvent…

Ce pas dans l’escalier qu’on croit entendre.

Nos sens en alerte dans l’attente de l’être aimé,

Pour toujours frustrés.

Cet atelier où ne résonne plus le sifflotement

Qui accompagnait ce bricolage dont vous étiez si passionné.

Cette guitare qui prend la poussière et ne vibrera plus

Sous la caresse de vos doigts.

Cette certitude profonde que tout est bien passé,

Qu’on ne vous reverra plus jamais.

Vous êtes partis avec un bout de nous,

Mais vous avez laissé un tel vide en nos cœurs.

La vie nous dépouille de ceux qu’on aime,

Et écrase notre mémoire sous le poids des souvenirs.

Aucune grandeur, aucun espoir.

Comme à dit le philosophe :

« Nous naissons, nous souffrons et nous mourrons ».

 

 

 

par jean
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Mercredi 2 janvier 2008
Bonne année 2008 !!!!
Et joyeux massacre au Kenya !!! Voilà, cool, on commence l’année par une petite guerre ethnique.
Les vœux d’ »El Présidente » suivie d’une promesse de démontage en règle des lois (certes, un peu rigide) qui gèrent le travail.
Ce qui est intéressant dans les vœux, c’est cette opposition entre les souhaits qu’on échange et la réalité du comportement social que nous adoptons les uns avec les autres. L’hypocrisie. Mais bon, il en est de même pour la religion. C’est l’attitude humaine en général, opposition entre la tête et le corps, opposition entre le discours et l’action.
Je comprends le désir de devenir riche. Pas l’envie d’être riche pour être riche. Pour avoir une grosse Rolex, un train de vie clinquant, du pouvoir. Non, l’envie de devenir riche pour échapper à tout ça. Devenir riche pour devenir libre. Ça peut s’admettre par les temps qui courent. Le loto a de beau jour devant lui. Peut-être que je vais m’y mettre aussi, finalement. Après tout, il est évident que ça n’est pas en travaillant que je deviendrai riche. En tout cas, pas en travaillant que je deviendrai libre. Les bons esprits nous diront que l’esprit de liberté, c’est tout dans la tête. Peut-être, mais bon. Avouons que l’on se sent un peu grignoté, tout de même.
Et puis quelle liberté ? Celle de pouvoir se nourrir, payer son loyer, avoir une voiture ? Mais ça n’est pas la liberté ça, c’est juste des besoins de base, non ? En attendant de payer aussi l’air qu’on respire.
J’ai toujours en tête l’histoire de Diogène qui vivait chichement dans son tonneau. Alexandre le Grand vint le voir, car il était réputé dans toute la Grèce, le bonhomme. Il lui offrit la possibilité de demander ce qu’il voulait.
Diogène lui répondit : « ôtes-toi de mon soleil, tu me fais de l’ombre».
Chapeau, l’artiste. Diogène est le premier SDF (en tout cas, le premier SDF qui est choisit son sort). Mais bon, il n’y avait pas la pub et tout ces jolis gadgets pour le tenter.
Aujourd’hui, ça pourrait être un grand patron, une vedette richissime (ou un président tout puissant) qui se présenterait devant un SDF en lui proposant le deal de lui offrir ce qu’il veut.
Et celui-ci lui répondrait : « ôtes-toi (tutoiement irrévérencieux) de mon soleil. »
Imaginez un moine mendiant sa nourriture, style bouddhiste, dans notre société. Il serait immanquablement traité de fainéant et de parasite.
J’ai commencé à faire le décompte du superflu dans ma vie. L’autre jour, je regardais MA bibliothèque, MES livres. Je me disais : « allez hop ! Il faudrait trier tout ça, faire de la place et se débarrasser des livres que je ne lirai plus ».
Mais à chaque livre, j’avais un petit pincement au cœur (et si jamais, je voulais le relire…). Bref, je ne suis pas prêt de me « libérer » du trop plein.
Y’a du boulot !!!! Mais je crois qu’il va falloir s’y mettre avec ce que nous annonce l’avenir.
Ne croyons pas les pubs qui nous chantent à longueur de journée que la vie n’est absolument plus possible sans un écran LCD, un i-phone, une villa de 200 m2 pour 2 personnes (avec 103 ans de crédit). Enfin, croyez-le si ça vous chante, j’y crois pas.
Non, ce qui est le plus dérangeant, c’est qu’aujourd’hui, que vous ayez des goûts de luxe ou des goûts simples, y’a pas moyen d’échapper au système.
 
 
 
 
par jean publié dans : hozo
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Jeudi 8 novembre 2007
Une main en négatif sur une paroi… comme un appel à travers les siècles, un salut par delà les âges laissé par l'un des premiers hommes. Je sais bien que les interprétations possibles ont été explorées par les scientifiques. Mais bon, en l’occurrence, c’est mon ressenti d’homme qu’il m’importe d’évoquer.
 
Signe magique ? Expression d’un sens de l’esthétique ? Appel à travers les temps ? Signature ? Désir de laisser son empreinte, de marquer l’appartenance du site à celui qui a laissé ce signe.
La main c’est l’homme, en tout cas plus généralement le primate.
 
Quoiqu’il en soit, c’est assez émouvant, comme une main tendue à travers le temps. Certes, la vie quotidienne de ces gens ne devait pas porter à l’envie de rire, mais qui sait, ils n’étaient guère différents de nous, ces hommes, capables d’osciller entre la violence et l’empathie.
Les peintures découvertes dans les grottes sont fabuleuses. Ce qui est fabuleux, c’est de penser que des hommes si primitifs (le si est un peu subjectif...) aient pu exprimer un sens de l’art (même si la démarche est avant tout sacrée) que ne sont même pas capables d’appréhender des hommes d’aujourd’hui.
Nourris aux sources de la vie et de ses réalités quotidiennes, ils savaient exprimer pleinement l’énergie de cette vie, choses dont nous sommes, pour la plupart d’entre nous, de plus en plus incapables, asséchés par la modernité, la technologie et des règles sociales oppressives.
 
Il ne s’agit pas de refaire le coup de l’âge d’or. Mais oui, il y a bien chez l’artiste, une expression du primitif qui rejoint ces hommes et le fait échapper aux schémas de notre société.
 
Le pouvoir de faire s’ouvrir «l’œil qui voit profondément les choses». A la vue de ce signe primitif, il y a abolition du temps et de l’espace et certitude, un brin naïve, que cette main nous fait un signe pour indiquer LA direction. Bon, c’est vrai, tout ça se passe dans la tête. On peut aussi considérer que ça n’est qu’un gribouillis d’homme de Cro-Magnon au fin fond d’une caverne. Quelque chose d’amusant, d’insignifiant, en tout cas pas important et non rentable.
 
 
 
 
 
 
par jean publié dans : hozo
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